Module 6

Pédagogie, transmission & création de cours

Les modules

Quiz final de certification

Certification

Lorsque tu auras passé tous les modules, nous te donnerons accès pour que tu puisses passer le quiz final de la certification.

Contenu pédagogique

INTRODUCTION

06

Module 6 — Pédagogie, transmission & création de cours

Concevoir, animer et adapter des cours de souplesse sûrs et progressifs

Vous avez appris, au fil des modules 1 à 5, comment fonctionne le corps, comment le système nerveux autorise le relâchement, et comment travailler le dos, les épaules, les jambes, les hanches et la mobilité globale. Ce sixième module répond à une nouvelle question : comment transmettre tout cela à vos élèves, en sécurité et avec méthode ?

Savoir s’assouplir ne suffit pas pour enseigner la souplesse. Un bon enseignant sait observer, donner des consignes claires, adapter chaque exercice au niveau de l’élève et construire une progression dans le temps. C’est tout l’objet de ce module.

À la fin du module, vous serez capable de
  • Adopter une posture d’enseignant qui place la sécurité et l’écoute avant l’amplitude.
  • Recueillir les informations utiles sur un nouvel élève et adapter le cours en conséquence.
  • Donner des consignes claires, courtes et positives qui protègent l’élève.
  • Construire une séance de 4 à 6 exercices et une progression par cycle, par thème et par objectif.
  • Faire travailler plusieurs niveaux dans un même cours, prévenir les blessures et évaluer sa propre pratique.

La méthode Bendy Thérapie

Les règles qui reviennent dans chaque chapitre

PrincipeCe que cela veut dire en cours
Des consignes clairesCourtes, précises, positives, et répétées à chaque cours pour devenir un réflexe.
La protection du dosRappelée à chaque exercice, avant toute recherche d’amplitude.
La progressivitéL’option simple d’abord, l’option avancée ensuite, pour ceux qui le souhaitent.
Un climat de confiancePas de compétition, mais un vrai défi adapté à chacun, en respectant ses limites.
Un format maîtrisé4 à 6 exercices par cours, 2 passages, 8 à 10 respirations par exercice.
Une programmation évolutiveOrganisée par cycle, par thème et par objectif, selon une progression logique.

Les 8 chapitres du module

01
La posture de l’enseignantLe rôle de l’enseignant de souplesse, avant même la recherche d’amplitude.
02
Connaître son élèveComment adapter un cours à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore.
03
Les principes pédagogiquesPourquoi la répétition et la régularité font progresser en souplesse.
04
Communiquer et guiderDonner une consigne claire qui protège l’élève.
05
Construire une séancePourquoi 4 à 6 exercices suffisent pour un cours efficace.
06
Programmer une progression évolutiveOrganiser une progression logique, par cycle, par thème et par objectif.
07
Adapter et différencierFaire travailler tous les niveaux dans un même cours.
08
Sécurité et auto-évaluationPrévenir les blessures et progresser en tant qu’enseignant.
Comment travailler ce module
  • Lisez les chapitres dans l’ordre : chacun s’appuie sur le précédent.
  • Faites le quiz de fin de chapitre pour vérifier vos acquis avant de passer au suivant.
  • Utilisez les fiches pratiques (fiche cycle, fiche de préparation de séance, grille d’auto-évaluation) pour préparer vos propres cours.
  • Répondez aux questions du journal de pratique : elles vous aident à relier le module à votre expérience.
  • Consultez le glossaire dès qu’un terme vous semble flou.
Lien avec la certification

Ce module prépare directement la mise en situation de la certification finale : vous animerez une séquence de cours devant le jury, qui observera la clarté de vos consignes, la protection du corps, la progressivité, les options proposées, la qualité de votre écoute et votre capacité à observer et corriger.

Pour commencer — question de réflexion

Pensez au dernier cours de souplesse que vous avez suivi. Qu’est-ce qui vous a donné confiance, et qu’est-ce qui vous a manqué ?

Le fil rouge du module

Savoir s’assouplir ne suffit pas pour enseigner : on observe, on guide, on adapte et on construit une progression dans le temps.

Ce support est un document pédagogique. Il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription médicale.

01

La posture de l’enseignant

Quel est le rôle de l’enseignant de souplesse, avant même la recherche d’amplitude ?
Télécharger le chapitre 1 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Décrire les quatre responsabilités de l’enseignant : protéger, guider, observer, encourager.
  • Trouver l’équilibre entre écoute et défi, sans esprit de compétition.
  • Reconnaître les limites de sa compétence et utiliser le toucher avec consentement.
Les quatre responsabilités de l’enseignant de souplesse.
Les quatre responsabilités de l’enseignant de souplesse.
Objectif pédagogique

Ce module transforme les acquis des modules 1 à 5 en cours concrets : savoir transmettre, protéger et faire progresser chaque élève, puis construire des programmes adaptés à chacun.

Comment lire ce module

Relier chaque principe à une situation de cours

Chaque chapitre associe trois niveaux de lecture : un principe pédagogique, des exemples concrets de consignes ou de situations, et des outils directement utilisables en cours (fiches, tableaux, grilles). Le module prépare directement la mise en situation de la certification finale, où vous animerez une séquence de cours devant le jury.

À la fin du module, vous pourrez

  • Adopter une posture d’enseignant responsable, à l’écoute et encourageante.
  • Évaluer le niveau et les besoins de vos élèves.
  • Donner des consignes claires, démontrer et corriger en toute sécurité.
  • Construire une séance complète selon la méthode Bendy Thérapie.
  • Construire une programmation évolutive par cycle, par thème et par objectif.
  • Adapter un même cours à des niveaux différents.
  • Prévenir les blessures et analyser votre propre pratique.

Principe central

À retenir

La méthode Bendy Thérapie repose sur des consignes claires répétées à chaque cours, la protection du dos avant toute recherche d’amplitude, l’option simple d’abord puis l’option avancée, un climat de confiance sans compétition, et des séances de 4 à 6 exercices, 2 passages, 8 à 10 respirations par exercice.

RepèreQuestion à poser
SécuritéLe dos et les articulations sont-ils protégés ?
ClartéL’élève sait-il quoi faire, où et comment ?
ProgressivitéL’option simple a-t-elle été proposée en premier ?
ÉcouteChaque élève a-t-il trouvé un défi à sa mesure ?

Votre rôle d’enseignant

L’amplitude vient ensuite, avec le temps

L’enseignant de souplesse est d’abord le gardien de la sécurité de ses élèves. Vous n’êtes pas là pour montrer ce que vous savez faire, mais pour permettre à chaque élève de progresser dans son propre corps. Un bon cours ne se mesure pas au nombre de grands écarts réalisés, mais au nombre d’élèves qui repartent en sécurité, en confiance et avec l’envie de revenir.

Vos quatre responsabilités

ResponsabilitéCe que cela veut dire
ProtégerLe dos, les articulations et les structures fragiles passent avant la performance.
GuiderDonner des repères clairs pour que l’élève sache quoi faire, où et comment.
ObserverRepérer les compensations, les tensions et les signes de fatigue.
EncouragerValoriser les progrès, même petits, et donner envie de continuer.

Écoute et défi

Exigeant sans décourager, stimulant sans mettre en compétition

Être à l’écoute ne veut pas dire manquer d’exigence. Un cours sans aucun défi finit par ennuyer ; un cours trop dur décourage ou blesse. Votre rôle est de trouver l’équilibre : proposer à chacun un petit défi à sa mesure, en respectant toujours ses limites.

  • Pas de comparaison entre élèves : chacun progresse par rapport à lui-même.
  • Pas de « il faut y arriver » : on cherche la bonne sensation, pas la forme parfaite.
  • Des encouragements sincères et précis (« ton dos est bien plus long qu’au début du cycle ») plutôt que des compliments vagues.

Éthique et limites de compétence

Enseignant de souplesse, pas professionnel de santé

Vous ne posez pas de diagnostic et vous ne traitez pas une douleur. Face à une douleur persistante, une blessure récente, une grossesse ou une pathologie connue, vous adaptez prudemment et vous orientez vers un médecin, un kinésithérapeute ou un ostéopathe.

Important

Adapter un exercice n’est pas soigner. Dès qu’une douleur persiste ou revient, l’élève est orienté vers un professionnel de santé.

Le toucher et le consentement

Les ajustements manuels peuvent aider, mais ils ne sont jamais automatiques. Demandez toujours l’accord de l’élève avant de le toucher, expliquez ce que vous allez faire et respectez un refus sans discussion.

À retenir

Un ajustement guide le mouvement, il ne force jamais l’amplitude.

Journal de pratique — question de réflexion

Pensez à un enseignant qui vous a marqué. Qu’est-ce qui, dans sa façon d’enseigner, vous donnait confiance et envie de progresser ?

Termes clés

Posture de l’enseignant, limites de compétence, consentement, ajustement manuel. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

02

Connaître son élève

Comment adapter un cours à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore ?
Télécharger le chapitre 2 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Recueillir les informations utiles avant le premier cours.
  • Reconnaître les grands profils d’élèves et leurs priorités.
  • Réaliser un positionnement de début et de fin de cycle.
Les cinq grands profils d’élèves et leur priorité de travail.
Les cinq grands profils d’élèves et leur priorité de travail.

On ne peut pas adapter un cours à quelqu’un qu’on ne connaît pas. Avant de faire travailler un élève, prenez le temps de savoir qui il est, ce qu’il cherche et ce que son corps peut faire aujourd’hui.

Les questions à poser

Avant le premier cours

  • Pratiquez-vous une activité physique ? Laquelle, et depuis combien de temps ?
  • Avez-vous des douleurs, blessures ou opérations récentes (dos, épaules, genoux, hanches) ?
  • Êtes-vous enceinte ou en post-partum récent ?
  • Qu’attendez-vous de ces cours : bien-être, soulager des tensions, progresser dans une discipline, atteindre une figure précise ?
Conseil pratique

Un court questionnaire écrit à l’inscription permet de garder une trace et de ne rien oublier.

Les grands profils d’élèves

Les reconnaître pour choisir ses options, ses consignes et sa façon d’encourager

1. Le débutant raide

CE QUE VOUS OBSERVEZ

  • une amplitude limitée dès les premiers exercices (mains loin du sol en flexion avant, genoux qui plient) ;
  • de l’appréhension, parfois de la gêne à se comparer aux autres ;
  • une respiration bloquée ou courte dès que l’étirement se fait sentir ;
  • des compensations fréquentes : dos qui s’arrondit, épaules qui montent.

VOTRE PRIORITÉ

  • le mettre en confiance : l’option simple est une vraie option de travail ;
  • utiliser beaucoup de matériel (briques, sangles, coussins) pour qu’il trouve une position confortable ;
  • travailler sur des sensations simples et sur la respiration avant l’amplitude ;
  • valoriser chaque petit progrès, avec les tests de début et de fin de cycle.

2. L’hypermobile

CE QUE VOUS OBSERVEZ

  • une grande amplitude obtenue très facilement, sans échauffement ;
  • des articulations qui vont « au-delà » (coudes ou genoux en hyperextension, bas du dos très cambré) ;
  • peu de sensation d’étirement : l’élève « s’installe » dans ses articulations au lieu d’utiliser ses muscles ;
  • parfois des douleurs diffuses ou une instabilité articulaire.

VOTRE PRIORITÉ

  • ne pas chercher plus d’amplitude : l’objectif est le contrôle, pas la performance ;
  • privilégier le travail actif et le renforcement dans l’amplitude ;
  • donner des consignes de verrouillage léger (micro-flexion des genoux et des coudes, gainage) ;
  • lui expliquer pourquoi il travaille différemment, pour qu’il ne se sente pas freiné.

3. Le sportif

CE QUE VOUS OBSERVEZ

  • de la force et de la tonicité, mais des raideurs ciblées selon son sport (ischio-jambiers chez le coureur, épaules chez le nageur ou le grimpeur, hanches chez le cycliste) ;
  • une tendance à forcer et à contracter dans les postures ;
  • l’habitude de la performance et de l’effort intense.

VOTRE PRIORITÉ

  • lui apprendre à relâcher plutôt qu’à forcer : ici, c’est la respiration qui fait progresser ;
  • insister sur les 8 à 10 respirations pour laisser au corps le temps de se détendre ;
  • cibler les zones sollicitées par son sport ;
  • lui montrer ce que la souplesse apporte à sa pratique (récupération, prévention des blessures, amplitude de mouvement).

4. Le pratiquant d’une discipline (pole dance, aérien, danse)

CE QUE VOUS OBSERVEZ

  • un objectif précis : une figure, un écart, un backbend ;
  • l’envie d’aller vite, parfois en se comparant à d’autres pratiquants ou aux réseaux sociaux ;
  • une souplesse souvent inégale : très ouvert sur une zone, raide sur une autre ;
  • des compensations pour « réussir la figure » (bassin qui tourne dans l’écart, bas du dos qui fait tout le travail dans le backbend).

VOTRE PRIORITÉ

  • préparer les zones avant de viser la figure ;
  • freiner l’impatience en expliquant le temps nécessaire au corps pour s’adapter ;
  • corriger les compensations, même si l’amplitude diminue au début ;
  • construire un programme par objectif (voir le chapitre 6).

5. L’élève avec douleurs ou en reprise

CE QUE VOUS OBSERVEZ

  • des tensions, une peur du mouvement, des gestes prudents ;
  • une douleur signalée au questionnaire ou pendant le cours (dos, épaules, genoux) ;
  • parfois une reprise après une blessure, une opération ou une longue pause.

VOTRE PRIORITÉ

  • la prudence avant tout : options douces uniquement, sans recherche d’amplitude ;
  • le rassurer et lui redonner confiance dans le mouvement ;
  • lui demander régulièrement ses sensations et arrêter en cas de douleur ;
  • l’orienter vers un professionnel de santé si la douleur persiste ou s’aggrave.

Le positionnement de début de cycle

Mesurer pour montrer les progrès

Au premier cours d’un cycle, faites quelques tests simples liés à la zone travaillée : flexion avant jambes tendues, fente basse, ouverture d’épaules au bâton, écart au sol… Notez l’amplitude et les compensations observées, ou prenez une photo avec l’accord de l’élève.

À retenir

Refaites les mêmes tests à la fin des 4 semaines : l’élève voit ses progrès, et vous vérifiez l’efficacité de votre programme.

Journal de pratique — question de réflexion

Parmi vos élèves actuels ou passés, lequel correspond à chacun des cinq profils ? Qu’auriez-vous fait différemment avec l’un d’eux ?

Termes clés

Questionnaire d’inscription, profil d’élève, hypermobilité, positionnement. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

03

Les principes pédagogiques

Pourquoi la répétition et la régularité font-elles progresser en souplesse ?
Télécharger le chapitre 3 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Décrire les trois étapes de l’apprentissage d’un geste.
  • Appliquer la règle de répétition : consignes, gestes, 2 passages par exercice.
  • Justifier les 8 à 10 respirations par exercice et la régularité des séances.
Les trois étapes de l’apprentissage au fil d’un cycle de 4 semaines.
Les trois étapes de l’apprentissage au fil d’un cycle de 4 semaines.

La souplesse s’apprend comme n’importe quelle compétence motrice : par la répétition, la progressivité et la régularité. Le corps a besoin de temps pour accepter une nouvelle amplitude et apprendre à la contrôler.

Les 3 étapes de l’apprentissage

Découvrir, stabiliser, automatiser

ÉtapeCe qui se passeRôle de l’enseignant
1. DécouvrirL’élève comprend le geste, il réfléchit à chaque placement.Consignes simples et démonstration.
2. StabiliserLe geste devient plus fluide, les erreurs diminuent.Affiner les corrections.
3. AutomatiserL’élève se place seul et correctement.Laisser la place à la respiration, au relâchement et à l’amplitude.

C’est pour cela que chaque cycle dure 4 semaines : la première semaine sert à découvrir, les suivantes à stabiliser puis à progresser.

Répéter, encore et toujours

La répétition est au cœur de la méthode Bendy Thérapie

  • Répéter les consignes à chaque cours, même si les élèves les connaissent déjà. Une consigne de sécurité entendue une seule fois est vite oubliée ; entendue à chaque séance, elle devient un réflexe.
  • Répéter les gestes : les mêmes exercices reviennent tout au long du cycle, pour que l’élève les maîtrise et mesure ses progrès.
  • Faire chaque exercice 2 fois : le premier passage sert à se placer et à découvrir la sensation, le second permet de relâcher davantage et d’aller un peu plus loin en sécurité.

La progressivité

Du simple vers le complexe, du soutenu vers l’autonome

  • d’abord l’option simple, puis l’option avancée pour ceux qui le souhaitent ;
  • d’abord le travail actif et l’échauffement de la zone, ensuite les postures plus passives ;
  • d’abord la bonne position, ensuite l’amplitude.

Le temps et la respiration

Laisser au corps le temps de se relâcher

Le corps ne se relâche pas sur commande. Restez 8 à 10 respirations par exercice : les premières respirations servent à s’installer, les suivantes laissent le système nerveux baisser la garde et les muscles se détendre (voir le Module 2). Une posture tenue trop brièvement ne laisse pas au relâchement le temps de s’installer.

La respiration, indicateur n°1

Si la respiration se bloque ou devient courte, l’élève force : on revient à une option plus simple avant de continuer.

À retenir

Trois séances modérées par semaine valent mieux qu’une séance intense. Les progrès en souplesse viennent de la régularité, jamais de la force.

Journal de pratique — question de réflexion

Dans votre propre pratique, quel exercice avez-vous vraiment maîtrisé grâce à la répétition ? Combien de temps cela a-t-il pris ?

Termes clés

Apprentissage moteur, répétition, progressivité, relâchement. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

04

Communiquer et guider

Comment donner une consigne claire qui protège l’élève ?
Télécharger le chapitre 4 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Formuler des consignes courtes, précises et positives.
  • Donner les consignes dans un ordre constant, du sol vers le haut.
  • Démontrer, guider et corriger en priorisant la sécurité.
L’ordre des consignes, du sol vers le haut.
L’ordre des consignes, du sol vers le haut.

Une consigne claire et précise est la première protection de vos élèves. Si l’élève ne comprend pas où placer son bassin ou son dos, aucun exercice n’est sûr.

Une bonne consigne

Courte, précise et positive : elle dit quoi faire, pas seulement quoi éviter

À éviterÀ privilégier
« Ne cambrez pas. »« Allongez le bas du dos, rentrez légèrement le nombril. »
« Descendez le plus possible. »« Descendez jusqu’à sentir l’étirement, puis restez là et respirez. »
« Mettez-vous en fente. » (pour les débutants)« Genou avant au-dessus de la cheville, bassin face à l’avant, genou arrière au sol. »
« Détendez-vous. »« À l’expiration, laissez les épaules descendre loin des oreilles. »

L’ordre des consignes

Toujours le même ordre, du sol vers le haut

  1. Les appuis : pieds, genoux, mains au sol.
  2. Le bassin : orientation, bascule, stabilité.
  3. Le dos : colonne longue, gainage léger, pas d’écrasement des lombaires.
  4. Les épaules et la tête : épaules basses, nuque dans le prolongement.
  5. La respiration : inspirer pour s’allonger, expirer pour relâcher.

La protection du dos

Le fil rouge de chaque cours

Quelle que soit la zone travaillée, rappelez à chaque exercice les consignes de protection du dos : colonne allongée, gainage abdominal léger, bassin placé, aucune douleur dans le bas du dos.

Important

Au moindre inconfort lombaire, l’élève revient à l’option simple. Ce rappel constant peut sembler répétitif, et c’est voulu : c’est ainsi qu’il devient un réflexe.

Démontrer, guider, corriger

Quatre façons de transmettre

OutilComment l’utiliser
DémontrerMontrez l’exercice une fois en entier, de face ou de profil selon ce qu’il faut voir. Montrez l’option simple en premier.
La voixDécrivez les sensations et les placements, sans parler en continu. Laissez des temps de silence pour respirer.
L’imageLes images mentales aident beaucoup : « imaginez qu’un fil tire le haut de votre tête vers le plafond ».
Le toucherSeulement avec l’accord de l’élève, pour indiquer une direction, jamais pour pousser l’amplitude.

Le retour à l’élève

Corrigez d’abord ce qui touche à la sécurité, ensuite ce qui touche à l’efficacité. Une seule correction à la fois, formulée positivement. Terminez par ce qui va bien : l’élève doit repartir avec un repère clair et l’envie de continuer.

À retenir

Sécurité d’abord, une correction à la fois, formulée positivement, et toujours terminer par ce qui va bien.

Journal de pratique — question de réflexion

Choisissez un exercice que vous enseignez souvent. Réécrivez vos consignes dans l’ordre appuis, bassin, dos, épaules et tête, respiration.

Termes clés

Consigne positive, démonstration, guidage, feedback. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

05

Construire une séance

Pourquoi 4 à 6 exercices suffisent-ils pour un cours efficace ?
Télécharger le chapitre 5 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Appliquer le format : 4 à 6 exercices dans la séance pour une meilleure qualité d’exercice.
  • Structurer une séance de 45 minutes en quatre phases.
  • Préparer une fiche de séance complète.
La structure type d’une séance.
La structure type d’une séance.

Une séance contient 4 à 6 exercices maximum sur la zone du cycle, chacun réalisé 2 fois, avec 8 à 10 respirations par passage. Moins d’exercices, mais mieux faits : c’est la qualité qui fait progresser, pas la quantité.

Pourquoi limiter à 4 à 6 exercices ?

Qualité avant quantité

  • Le corps a le temps de se relâcher vraiment dans chaque posture.
  • Les élèves retiennent les exercices et peuvent les refaire chez eux.
  • Vous avez le temps d’observer, de corriger et de répéter les consignes.
  • La fatigue reste maîtrisée, ce qui limite le risque de blessure en fin de cours.

La structure type

Pour un cours de 45 minutes

PhaseDuréeContenuObjectif
Accueil5 minRappel du thème du cycle, des consignes de sécurité et de la protection du dosMettre en condition, créer le cadre
Échauffement5 minMobilisation articulaire, respiration, activation musculaire de la zonePréparer le corps, monter en température
Exercices actifs et passifs30 min4 à 6 exercices maximum, 2 passages, 8 à 10 respirations, en alternant exercices actifs et exercices passifs ; option simple puis option avancéeConstruire la force dans l’amplitude et gagner en amplitude en sécurité
Retour au calme5 min maxPostures douces, respiration lente, relâchement globalApaiser le système nerveux, récupérer

Choisir et enchaîner les exercices

Une logique simple et constante

  • Tous les exercices servent l’objectif du cycle (par exemple : les ischio-jambiers).
  • On alterne exercices actifs et exercices passifs : l’actif construit le contrôle et la force dans l’amplitude, le passif laisse le corps se relâcher dans la posture.
  • On commence par les postures les plus accessibles et on termine par les plus exigeantes.
  • On alterne les positions pour limiter la fatigue : debout, au sol, allongé.
  • Un exercice fait d’un côté est toujours fait de l’autre côté.
  • On garde les mêmes exercices pendant tout le cycle, en ajustant les options au fil des semaines.

La fiche de préparation de séance

Ne pas improviser, suivre l’évolution du cycle

ÉlémentÀ noter
Cycle et semaineEx. : ischio-jambiers, semaine 2/4
Objectif de la séanceEx. : flexion avant jambes tendues, dos long
Consignes de sécurité à rappelerProtection du dos, placement du bassin, zones à surveiller
Échauffement (5 min)Exercices et durée
Exercices actifs et passifs (4 à 6)Nom, actif ou passif, option simple, option avancée, points de vigilance
Retour au calme (5 min max)Postures et respiration
Bilan après le coursCe qui a bien marché, ce qui est à ajuster la semaine suivante
À retenir

4 à 6 exercices, 2 passages, 8 à 10 respirations, en alternant actif et passif dans un cours de 45 minutes : un format court et maîtrisé, qui laisse le temps d’observer, de corriger et de répéter les consignes.

Journal de pratique — question de réflexion

Préparez la fiche de séance d’un cours de votre choix. Combien d’exercices aviez-vous prévus au départ, et lesquels avez-vous gardés ?

TERMES CLÉS

Fiche de séance, échauffement, exercice actif, exercice passif, retour au calme. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

06

Programmer une progression évolutive

Comment organiser une progression logique, par cycle, par thème et par objectif ?
Télécharger le chapitre 6 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Organiser une programmation évolutive par cycle, par thème et par objectif.
  • Construire une progression logique, où chaque étape prépare la suivante.
  • Adapter la programmation à l’objectif de chaque élève.
Exemple de programmation évolutive sur une saison.
Exemple de programmation évolutive sur une saison.

Une programmation évolutive ne répète pas le même cours d’une semaine à l’autre : elle avance. Elle s’organise autour de trois repères, le cycle, le thème et l’objectif, et suit une progression logique : on prépare d’abord les zones séparément, puis on les assemble dans les postures et les grands écarts.

Un exemple parmi d’autres

Ce n’est qu’une façon de programmer : chaque programme se construit selon l’objectif, le niveau et la disponibilité de l’élève (voir « Programmer selon les objectifs de chacun »).

Cycle, thème, objectif

Les trois repères d’une programmation évolutive

RepèreCe que c’estExemple
CycleUne période de travail de quelques semaines, le plus souvent 4, avec une découverte, une progression et un bilan.4 semaines, du positionnement au bilan
ThèmeLa zone ou la famille de postures travaillée pendant le cycle.Les ischio-jambiers
ObjectifCe que l’élève doit savoir faire à la fin du cycle : un résultat observable, que l’on mesure avec les tests.Flexion avant jambes tendues, dos long

Penser une progression logique

Chaque étape prépare la suivante

  • Préparer avant d’assembler : on travaille les zones séparément avant de les réunir dans les postures et les écarts.
  • Du simple au complexe : l’option simple d’abord, l’option avancée ensuite ; une posture accessible avant une posture exigeante.
  • Le contrôle avant l’amplitude : on construit la force et le placement avant de chercher plus loin.
  • Chaque cycle s’appuie sur le précédent : l’objectif atteint devient la base du thème suivant.
  • Mesurer avant d’avancer : les tests de début et de fin de cycle indiquent s’il faut passer à l’étape suivante ou consolider.

Exemple : une saison en 8 cycles

Préparer les zones, puis les assembler

Sur une saison d’environ 32 semaines, cet exemple enchaîne 8 cycles. Les cinq premiers préparent chacun une zone ; les trois derniers les assemblent.

CycleThèmeObjectifCe que ce cycle prépare
1ÉpaulesLever les bras sans compenser avec le dosOuverture et mobilité du haut du corps, base des postures de dos
2DosUne extension et une flexion réparties et contrôléesMobilité de la colonne en sécurité
3Ischio-jambiersFlexion avant jambes tendues, dos longPréparation des écarts
4Psoas et quadricepsOuvrir l’avant de la hanche sans cambrerJambe arrière des écarts
5Adducteurs et hanchesOuvrir les hanches avec contrôlePréparation du middle split
6Postures dos & épaulesUn backbend réparti entre épaules et dosAssemblage des cycles 1 et 2
7Split latéral (écart antéro-postérieur)Progresser vers l’écart, bassin placéAssemblage des cycles 3 et 4
8Middle split & pancake (écart facial)Progresser vers l’écart facial, dos longAssemblage des cycles 3 et 5

La progression à l’intérieur d’un cycle

Découvrir, stabiliser, progresser, mesurer

SemaineObjectifCe que fait l’enseignant
1DécouvrirPrésente les exercices, insiste sur le placement et la sécurité, fait les tests de positionnement
2StabiliserAffine les corrections ; les élèves se placent plus vite
3ProgresserPropose les options avancées à ceux qui sont prêts
4Consolider et mesurerRefait les tests du début de cycle, fait le bilan avec les élèves

Au-delà de la saison

À la fin de la saison, on reprend la progression : les élèves retrouvent les mêmes thèmes avec plus de facilité, avec des objectifs plus ambitieux et les options avancées.

Programmer selon les objectifs de chacun

Le cycle reste la brique de base ; le thème, l’objectif et leur ordre changent

Il n’existe pas de programme unique : on part toujours de ce que souhaite l’élève, de son niveau et du temps dont il dispose.

Ce qui ne change jamais

Protection du dos, option simple d’abord, une progression logique, 4 à 6 exercices par cours, 2 passages, 8 à 10 respirations.

Les questions à se poser avant de programmer

  • Quel est l’objectif de l’élève : bien-être, soulager des tensions, un écart ou une figure précise, compléter une discipline ?
  • En combien de temps souhaite-t-il l’atteindre ?
  • Combien de séances peut-il faire par semaine ?
  • Que montrent les tests de positionnement : quelles zones sont raides, lesquelles sont hypermobiles ?
  • S’agit-il d’un cours collectif ou d’un cours particulier ?

Les grandes façons de programmer

TypePour quiPrincipeExemple
Par thèmesCours collectifs, progression globaleUn thème par cycle, puis assemblage des zones dans les posturesLa saison en 8 cycles ci-dessus
Par objectif (à rebours)Élève qui vise un écart ou une figureOn liste les zones nécessaires et on les prépare dans l’ordre ; le dernier cycle est consacré à l’objectifMiddle split en 16 semaines : adducteurs et hanches, ischio-jambiers, adducteurs et hanches en option avancée, puis middle split & pancake
Bien-être et entretienÉlèves qui veulent se sentir mieux et relâcher leurs tensionsChaque séance mobilise plusieurs zones ; l’accent change à chaque cycleUn cycle haut du corps, un cycle bas du corps, un cycle dos
Complément d’une disciplinePole dance, aérien, danse, sportOn cible les zones de la discipline et on cale les cycles sur son calendrierÉpaules puis dos avant un cycle de figures en backbend à la pole
PersonnaliséeCours particulier, suivi individuelLe programme se construit à partir des tests et se réajuste à chaque bilanProgramme sur mesure après le premier positionnement

Adapter à la fréquence des séances

  • 1 séance par semaine : progression plus lente ; donnez 2 ou 3 exercices du cours à refaire à la maison.
  • 2 à 3 séances par semaine : gardez le thème du cycle dans chaque séance et ajoutez un court rappel d’un thème travaillé lors d’un cycle précédent, pour ne pas perdre les acquis.

Construire un programme personnalisé en 5 étapes

  1. Recueillir l’objectif, le délai et les contraintes de l’élève.
  2. Faire les tests de positionnement.
  3. Choisir les thèmes et leur ordre selon une progression logique : toujours préparer les zones avant de les assembler.
  4. Découper le programme en cycles, fixer un objectif pour chacun et préparer les fiches de séance.
  5. Refaire les tests à la fin de chaque cycle, faire le bilan avec l’élève et réajuster la suite.
Journal de pratique — question de réflexion

Un élève vous demande de l’aider à réussir son grand écart facial d’ici l’été. Quels thèmes choisiriez-vous, avec quel objectif pour chaque cycle, et dans quel ordre ?

TERMES CLÉS

Programmation évolutive, cycle, thème, objectif, progression logique, positionnement, assemblage. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

07

Adapter et différencier

Comment faire travailler tous les niveaux dans un même cours ?
Télécharger le chapitre 7 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Préparer une option simple et une option avancée pour chaque exercice.
  • Donner du défi sans créer de compétition.
  • Adapter le travail aux profils particuliers et aux compensations.
Trois options pour une même posture.
Trois options pour une même posture.

Dans un même cours, chaque élève doit trouver sa place : l’option simple est toujours proposée en premier, l’option avancée ensuite, pour ceux qui souhaitent se challenger.

Le principe des options

Au moins deux niveaux pour chaque exercice

  • Option simple : accessible à tous, avec du matériel si besoin (brique, sangle, coussin, mur). C’est l’option par défaut, montrée en premier.
  • Option avancée : plus d’amplitude, moins d’appuis ou plus de contrôle actif, pour les élèves prêts et volontaires.
Important

Présentez l’option simple comme une vraie option de travail, jamais comme une option « au rabais ». Un élève qui choisit l’option simple et respire bien travaille mieux qu’un élève qui force dans l’option avancée.

Exemple : la flexion avant assise (cycle ischio-jambiers)

NiveauPlacement
Option simpleAssis sur une brique, genoux légèrement fléchis, sangle autour des pieds, dos long
Option intermédiaireAssis au sol, jambes tendues, mains sur les tibias ; on avance le buste en gardant le dos long
Option avancéeJambes tendues, pieds flex ; on descend le buste vers les cuisses sans arrondir le bas du dos

Donner du défi sans compétition

Comparer l’élève à lui-même

  • Proposez l’option avancée sous forme d’invitation (« si vous vous sentez prêts, vous pouvez… »), jamais comme une obligation.
  • Donnez des défis personnels mesurables : une brique de moins sous les mains, une respiration de plus dans la posture, un meilleur contrôle actif.
  • Comparez l’élève à lui-même, avec les tests de début et de fin de cycle.
  • Célébrez les progrès de chacun, pas seulement ceux des plus souples.

Les profils particuliers

Adapter sans exclure

ProfilAdaptation
HypermobileOn ne cherche pas plus d’amplitude, on travaille le contrôle actif et la stabilité.
Très raideOn reste plus longtemps dans l’option simple, on utilise davantage de matériel, on valorise la régularité.
Douleur ou reprise après blessureOptions douces uniquement, et orientation vers un professionnel de santé si la douleur persiste.
GrossessePas d’amplitude recherchée, pas de compression du ventre, avis médical préalable.

Lien avec les limites et compensations

Réutilisez ce que vous avez appris au Module 1, chapitre 6 : quand un élève compense (dos qui s’arrondit, bassin qui tourne, genou qui plie), c’est le signal qu’il a atteint sa limite.

À retenir

Une compensation signale une limite : on revient à une option plus simple plutôt que de forcer.

Journal de pratique — question de réflexion

Choisissez un exercice de votre cours. Décrivez son option simple, intermédiaire et avancée, avec le matériel nécessaire.

Termes clés

Option simple, option avancée, différenciation, compensation. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

08

Sécurité et auto-évaluation

Comment prévenir les blessures et progresser en tant qu’enseignant ?
Télécharger le chapitre 8 en PDF
À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Reconnaître les signaux d’alerte et réagir en cas d’incident.
  • Organiser le groupe et l’espace de travail.
  • Analyser sa propre pratique et préparer la mise en situation de certification.
Préparer, surveiller, analyser : la sécurité avant, pendant et après le cours.
Préparer, surveiller, analyser : la sécurité avant, pendant et après le cours.

Un cours réussi est d’abord un cours sans blessure. La sécurité se prépare avant le cours, se surveille pendant et s’analyse après.

Les signaux d’alerte

Arrêter ou revenir à l’option simple

  • une douleur vive, pointue ou localisée dans une articulation ;
  • une douleur ou un inconfort dans le bas du dos ;
  • des fourmillements, une sensation de décharge électrique ;
  • une respiration bloquée ou saccadée, un visage crispé ;
  • des tremblements importants ou une perte de contrôle ;
  • un malaise, un vertige, une pâleur.
À transmettre aux élèves

La sensation d’étirement, diffuse, est acceptable. La douleur est un signal d’arrêt.

En cas d’incident

Cinq étapes

  1. Arrêter immédiatement l’exercice pour l’élève concerné.
  2. L’installer confortablement et le rassurer.
  3. Évaluer la situation : douleur, mobilité, malaise.
  4. Appeler les secours (15 ou 112) si nécessaire.
  5. Noter l’incident par écrit et orienter l’élève vers un professionnel de santé.

Gérer le groupe et l’espace

Voir tout le monde, tout avoir sous la main

  • Placez-vous de façon à voir tout le groupe, et déplacez-vous pour observer sous plusieurs angles.
  • Prévoyez assez d’espace entre les tapis pour les exercices au sol et les écarts.
  • Préparez le matériel à l’avance (briques, sangles, coussins) pour qu’il soit à portée de main.
  • Adaptez votre voix : assez forte pour être entendue, calme pour favoriser le relâchement.
  • Un groupe de 12 élèves maximum permet d’observer et de corriger chacun.

L’auto-évaluation de l’enseignant

5 minutes après chaque cours

QuestionOui / À améliorer
Mes consignes étaient-elles claires ? Ai-je répété les consignes de sécurité et de protection du dos ?
Ai-je proposé l’option simple en premier, puis l’option avancée ?
Ai-je respecté le format : 4 à 6 exercices, 2 passages, 8 à 10 respirations ?
Chaque élève a-t-il reçu au moins un retour ou un encouragement ?
Qu’est-ce que je garde, qu’est-ce que je change la semaine prochaine ?

Demandez aussi régulièrement l’avis de vos élèves, à la fin de chaque cycle par exemple : leurs retours sont la meilleure façon de progresser en tant qu’enseignant.

Préparer la certification

Ce que le jury observera

Mise en situation

Le jury observera la clarté des consignes, la protection du corps, la progressivité, les options proposées, la qualité de votre écoute et votre capacité à observer et corriger. Entraînez-vous à préparer une fiche de séance et à animer une séquence courte devant un groupe.

À retenir

La sécurité se prépare avant le cours, se surveille pendant et s’analyse après.

Journal de pratique — question de réflexion

Après votre prochain cours, remplissez la grille d’auto-évaluation. Quel point souhaitez-vous améliorer en priorité ?

Termes clés

Signal d’alerte, incident, gestion de groupe, auto-évaluation. Retrouvez les définitions dans le glossaire du module.

Réviser le chapitre 8 : Sécurité et auto-évaluation

Commencez par les 7 cartes de révision, puis testez-vous avec le quiz de 8 questions.

Touchez la carte pour voir la réponse
Touchez pour revenir à la notion
Chapitre terminé ? Passez à la suite :

Ressources du module 6

Documents à télécharger et à imprimer

L’essentiel du module

INTRO
Introduction du module
Objectifs, méthode Bendy Thérapie et parcours du module.
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PDF
Module complet
L’introduction, les 8 chapitres et le glossaire en un seul document.
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Les chapitres en PDF

01
Chapitre 1 — La posture de l’enseignant
Quel est le rôle de l’enseignant de souplesse, avant même la recherche d’amplitude ?
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02
Chapitre 2 — Connaître son élève
Comment adapter un cours à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore ?
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03
Chapitre 3 — Les principes pédagogiques
Pourquoi la répétition et la régularité font-elles progresser en souplesse ?
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04
Chapitre 4 — Communiquer et guider
Comment donner une consigne claire qui protège l’élève ?
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05
Chapitre 5 — Construire une séance
Pourquoi 4 à 6 exercices suffisent-ils pour un cours efficace ?
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06
Chapitre 6 — Programmer une progression évolutive
Comment organiser une progression logique, par cycle, par thème et par objectif ?
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07
Chapitre 7 — Adapter et différencier
Comment faire travailler tous les niveaux dans un même cours ?
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08
Chapitre 8 — Sécurité et auto-évaluation
Comment prévenir les blessures et progresser en tant qu’enseignant ?
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Fiches pratiques

FICHE
Fiche cycle
Les 5 séances d’un cycle à remplir, jusqu’à la posture finale.
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FICHE
Exemple de fiche cycle — Épaules
Le cycle 1 du programme Back Bend, rempli comme modèle.
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FICHE
Fiche de préparation de séance
À remplir avant chaque cours.
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FICHE
Grille d’auto-évaluation
5 minutes après chaque cours pour progresser.
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FICHE
Questionnaire d’inscription élève
À faire remplir avant le premier cours.
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FICHE
Modèle de programme évolutif
Pour construire une progression logique par cycle, par thème et par objectif.
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Glossaire

A–Z
Glossaire du module 6
Les 31 termes clés, à imprimer.
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Conseil

Imprimez la fiche cycle, la fiche de préparation de séance et la grille d’auto-évaluation en plusieurs exemplaires : elles vous serviront à chaque cours et pour préparer la mise en situation de la certification.

FICHE

Oser agir, construire sa crédibilité

Comprendre ses peurs et ses freins, puis choisir un premier pas réaliste

Télécharger la fiche en PDF

À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Distinguer une croyance, un frein concret et une peur qui signale quelque chose à préparer.
  • Construire sa crédibilité par des actes : compétence, clarté, cohérence et reconnaissance de ses limites.
  • Transformer une intention en un premier pas daté, puis en tirer un bilan utile.
Objectif de la fiche

Identifier ce qui retient une personne lorsqu’elle souhaite enseigner, proposer un cours ou développer une activité, et distinguer les pensées qui limitent l’action des compétences et des moyens qu’il reste réellement à acquérir.

Comprendre avant d’agir

Croyance, frein ou peur : trois réalités différentes

NotionCe que c’estCe qu’on en fait
Une croyanceUne idée tenue pour vraie qui réduit les possibilités envisagées : « je dois tout savoir pour commencer », « si je me trompe, je ne suis pas compétente ». Le terme est un outil de réflexion, pas un diagnostic psychologique.On l’examine avec des faits : qu’est-ce qui la soutient, qu’est-ce qui la nuance ?
Un frein concretUn manque réel de temps, de budget, d’expérience, de connaissances ou de soutien.On cherche une réponse pratique : le reformuler positivement ne suffit pas à le résoudre.
Une peurUne émotion qui peut signaler quelque chose à préparer : craindre de faire mal invite à vérifier ses compétences ; craindre de se lancer invite à préparer un premier essai limité.On l’examine sans la minimiser et sans la considérer comme une preuve d’incapacité.
Trois questions pour commencer

Que voudrais-je faire exactement ? Qu’est-ce qui m’en empêche aujourd’hui ? Parmi ces obstacles, lesquels sont observables et lesquels sont des anticipations ?

Les freins les plus fréquents

Nommer la peur, préciser le besoin, choisir une action adaptée

FreinCe qu’on se ditCe qu’on vérifiePremière action
La peur de faire mal« Et si je blesse quelqu’un ? »Ce que je maîtrise, les adaptations disponibles, les limites de mon rôlePréparer une séance simple avec des variantes et demander une observation ou une relecture compétente
La peur de se lancer« Je commencerai quand tout sera prêt. »Ce qui est vraiment indispensable avant un premier essaiTester une proposition limitée auprès d’un petit groupe, dans un cadre maîtrisé
Le sentiment de ne pas être légitime« D’autres savent beaucoup plus que moi. »L’inventaire de mes compétences et de mes limitesDécrire précisément ce que je sais accompagner, et pour quel public
La peur du regard des autres« On va me critiquer. »Quelles personnes peuvent m’apporter des retours utilesDemander un avis sur la clarté de l’offre ou de la séance, pas une validation de ma valeur
La peur de l’échec« Si ça ne marche pas, je ne suis pas capable. »Ce que l’essai me permettra d’apprendreFixer une durée, des moyens raisonnables et des critères de bilan
Le perfectionnisme et la comparaison« Il faut que ce soit aussi bien que chez les autres. »Le niveau de qualité suffisant pour un premier essai sérieuxTerminer une version utilisable, puis l’améliorer à partir des retours
À ne pas confondre

Un manque de temps n’est pas une croyance limitante : c’est une contrainte à organiser. À l’inverse, penser positivement ne remplace pas une compétence qui reste à acquérir.

Lire les recherches sans simplifier

Distinguer un résultat, sa limite et son application

L’expression « croyances limitantes » ne correspond pas à une mesure scientifique unique. Pour approfondir, cette fiche s’appuie sur des notions mieux définies par la recherche : le phénomène de l’imposteur, les préoccupations perfectionnistes, la peur de l’échec, la confiance et la planification de l’action.

RepèreCe qu’il faut savoir
Une association n’est pas une causeQuand deux caractéristiques sont liées, on ne sait pas forcément laquelle influence l’autre, et le contexte compte. Une étude sur le perfectionnisme et l’épuisement ne prédit pas l’avenir d’une personne.
Chaque méthode répond à sa questionUne étude qualitative explore des expériences ; une méta-analyse combine des résultats chiffrés ; une revue exploratoire cartographie les travaux ; un modèle théorique propose une explication, sans être un essai d’efficacité.
Transposer avec prudenceLes enseignants de souplesse et de mobilité ne sont pas directement étudiés dans ces recherches. Les exemples de cours et de lancement d’activité sont des adaptations pédagogiques proposées pour Bendy Thérapie, pas des méthodes testées telles quelles.
Comment utiliser cette fiche

Lisez les thèmes, puis choisissez un cas concret qui vous concerne. Cherchez ce qui relève des compétences, des moyens, du contexte ou d’une anticipation. Utilisez les exercices pour préparer une action et en observer le résultat. Le quiz final est pédagogique : ce n’est pas un test psychologique validé.

1. Se sentir légitime

Reconnaître sa contribution sans transformer un doute en diagnostic

Ce que dit la recherche

Le phénomène de l’imposteur désigne la difficulté à attribuer ses réussites à ses compétences, malgré des accomplissements objectifs : les succès sont mis sur le compte de la chance ou de l’aide reçue, tandis qu’un revers est vécu comme la preuve d’une insuffisance. La revue systématique de Bravata et collègues (2020) a retenu 62 études et 14 161 participants : selon les outils et les seuils utilisés, les fréquences rapportées variaient de 9 à 82 %. Ces sentiments concernaient des hommes et des femmes, à tous les âges et dans de nombreux milieux professionnels [S1].

La limite

On ne peut pas annoncer un pourcentage unique valable pour tous : les études étaient très hétérogènes. La revue, qui couvrait les travaux publiés jusqu’en 2018, n’a pas trouvé de preuve solide en faveur d’un traitement particulier.

Éviter le jugement global

« Je n’ai pas trouvé une bonne consigne aujourd’hui » décrit un événement. « Je ne suis pas une vraie enseignante » transforme cet événement en identité. Pour réfléchir utilement, revenez à la tâche : quelle consigne, avec quel public, à quel moment, et quelle amélioration est possible ? Examinez aussi vos réussites avec les mêmes critères que vos difficultés : préparation, clarté, adaptation, retours des participants. Une séance réussie ne prouve pas que tout est acquis, mais l’attribuer seulement à « un groupe facile » efface votre préparation.

Exercice : l’inventaire en trois colonnes

Je maîtriseJe consolideJe ne propose pas encore
Ce que je réalise et explique de façon satisfaisanteCe pour quoi j’ai besoin de pratique ou de retoursCe qui demande un apprentissage de plus ou dépasse mon rôle
Ex. : une séance d’initiation avec des variantes simplesEx. : observer les compensations dans un groupe nombreuxEx. : la prise en charge d’une pathologie

Demandez ensuite des retours qui apportent une information : plutôt que « est-ce que je suis légitime ? », demandez « mon objectif était-il clair ? », « la variante était-elle adaptée ? », « à quel moment ma consigne était-elle difficile à suivre ? ».

Ce qui fonde aussi votre légitimité

Votre formation certifiée, votre pratique personnelle, vos heures d’enseignement, les retours de vos élèves et votre capacité à dire ce que vous ne faites pas. Pensez aussi aux éléments concrets de votre cadre professionnel : statut, assurance responsabilité civile professionnelle, questionnaire d’inscription, règles de sécurité affichées. Vérifiez le cadre réglementaire qui s’applique à votre activité.

2. Perfectionnisme : exigence ou menace ?

Viser la qualité et craindre l’erreur ne sont pas la même chose

Ce que dit la recherche

La méta-analyse de Hill et Curran (2016) regroupe 43 études et 9 838 participants issus du travail, du sport et de l’éducation. Elle distingue deux dimensions : la recherche de standards élevés et les préoccupations perfectionnistes (inquiétude face aux erreurs, doutes, sentiment de pression). Les préoccupations perfectionnistes sont associées de façon moyenne à forte à l’épuisement ; la recherche de standards élevés montre des liens faibles, négatifs ou non significatifs [S2]. Toute exigence personnelle n’est donc pas nocive.

La limite

Ces associations ne prouvent pas que le perfectionnisme provoque à lui seul l’épuisement. Les dimensions se recoupent, le contexte compte, et il n’existe pas de niveau « acceptable » universel.

Définir concrètement la qualité

Une exigence vérifiable (« je prépare deux variantes par exercice », « je peux expliquer pourquoi j’ai choisi cet exercice ») aide à avancer. Une exigence impossible à vérifier (« personne ne doit douter de moi », « je ne dois jamais hésiter ») ne donne aucun critère de préparation.

CatégorieCe que ça recouvreExemple pour une première séance
Indispensable avant l’essaiCe qui conditionne la maîtrise et le bon déroulementObjectif annoncé, exercices maîtrisés avec leurs options, consignes d’entrée et de sortie, règles de sécurité
Utile si le temps le permetCe qui améliore l’expérience sans changer la décision de commencerUn support imprimé, une musique adaptée
À ajuster aprèsCe qui dépend des retours du premier groupeLe rythme, le nombre d’exercices, la mise en page du support
Cas proposé : un support jamais terminé

Une formatrice modifie sans cesse les couleurs de son document, mais n’a pas testé ses consignes. Elle réserve un temps limité à la mise en page, puis consacre le créneau suivant à une répétition. Elle ne néglige pas son support : elle remet l’effort sur ce qui est encore incertain.

Question avant chaque nouvelle modification

Quel problème concret cette modification résout-elle, et pour qui ? Comment saurai-je qu’elle a amélioré la séance ? Suis-je en train d’améliorer la séance, ou de retarder le moment où elle sera vue ?

3. La peur de l’échec et de se lancer

Préciser ce que l’on risque avant de chercher à dépasser sa peur

Ce que dit la recherche

L’analyse qualitative de Cacciotti et collègues (2016) décrit la peur de l’échec, dans la création d’activité, comme une expérience qui associe pensées, émotions et actions dans un contexte social. Elle peut à la fois freiner et motiver l’action : ce n’est ni un trait fixe, ni un obstacle toujours négatif [S3].

La limite

Cette recherche aide à comprendre la peur ; elle ne mesure pas l’effet d’une méthode pour la supprimer et ne permet pas de promettre qu’un exercice de confiance fera réussir un projet.

Décomposer la peur

Complétez « J’ai peur que… » avec un événement précis : perdre de l’argent, mal accompagner un élève, manquer de participants, recevoir une critique, ne pas tenir le rythme. Une phrase précise permet de trouver une réponse adaptée :

Si la peur porte sur…Réponse possible
Une compétence manquanteApprendre, s’entraîner, demander une observation de séance
Un risque financierLimiter les dépenses du premier essai
Une incertitude sur le publicRecueillir les besoins avant de construire toute l’offre
Une charge de travail excessiveRéduire le format ou revoir la date

Concevoir un essai utile

  1. Choisir la question principale : le public comprend-il l’offre ? Le format convient-il ? La préparation est-elle tenable ?
  2. Fixer les limites du test : public, nombre de participants, durée, temps de préparation, budget. Choisir une proposition que l’on maîtrise.
  3. Observer des faits : durée réelle, reformulations demandées, variantes utilisées, retours. Séparer l’intérêt exprimé, les inscriptions et la participation effective.
  4. Décider : garder ce qui fonctionne, ajuster un élément et retester, ou différer si une condition essentielle manque. Différer après un bilan est une décision, pas forcément un évitement.
Ce qu’un premier résultat ne dit pas

Une faible fréquentation peut venir de la date, du canal de communication, du public ou du prix : elle ne prouve pas une incapacité à enseigner. À l’inverse, un atelier complet ne prouve pas la qualité de toutes les consignes.

4. La peur de faire mal : savoir décider

Compétences, adaptations et responsabilité

« J’ai peur de faire mal » peut recouvrir plusieurs situations : ne pas maîtriser un exercice, ne pas savoir l’adapter à un élève, hésiter devant une sensation rapportée, ou craindre tout incident malgré une préparation sérieuse. Ces situations n’appellent pas la même réponse.

QuestionSi oui…
Est-ce un manque de compétence identifiable ?Apprendre, s’entraîner, demander une observation avant d’utiliser l’exercice.
Est-ce une incertitude sur cet élève ou cet exercice ?Adapter : option simple, autre appui, amplitude réduite ; demander un avis si besoin.
Est-ce une anticipation malgré une préparation vérifiée ?Choisir un essai limité et observer ce qui se passe réellement.

Vérifier sa maîtrise avant de chercher à se rassurer

Pour l’exercice choisi, pouvez-vous expliquer son objectif, ses appuis, l’entrée, le maintien et la sortie ? Savez-vous proposer une option simple ? Avez-vous identifié ce qui dépasse votre rôle ? S’il manque une réponse importante, prévoyez un apprentissage ou une observation accompagnée avant de l’enseigner. C’est exactement la méthode en 10 points pour décrire une posture complète (Module 7).

Responsabilité ne veut pas dire garantie absolue

Être responsable, c’est préparer, observer, adapter et reconnaître ses limites. Ce n’est pas prédire toutes les réactions ni garantir un résultat identique pour tous. La peur ne doit conduire ni à surpromettre pour rassurer, ni à poursuivre un exercice que l’on ne sait pas encadrer.

Cas proposé : une élève hésite dans une torsion

L’enseignante demande ce qui gêne, propose une amplitude plus petite ou un autre appui, et observe la réponse. Elle n’annonce pas qu’un disque est « bloqué » à partir d’un ressenti. Si la situation dépasse son champ de compétence, elle suspend l’exercice et oriente. Formulation possible : « Je vais te proposer une version plus accessible. Nous allons voir si elle te convient. Si cette situation dépasse ce que je peux accompagner, je te le dirai. »

5. La crédibilité se construit dans les actes

Capacité, considération et intégrité

La confiance en soi est le sentiment de pouvoir agir. La compétence est ce que l’on sait réaliser dans une situation. La crédibilité est la confiance que les autres accordent à notre parole et à notre travail. On peut douter tout en étant compétent, et se sentir très sûr de soi ne prouve aucune compétence.

Ce que dit la recherche

Le modèle de la confiance de Mayer, Davis et Schoorman (1995) distingue trois facteurs perçus chez la personne à qui l’on fait confiance : sa capacité dans le domaine concerné, sa considération pour l’autre (l’intention d’agir dans son intérêt) et son intégrité (l’adhésion à des principes jugés acceptables). Il tient aussi compte du contexte et du risque pris [S4].

La limite

C’est un modèle théorique, pas une expérience montrant qu’une liste de comportements rend automatiquement un enseignant crédible. Son adaptation à l’enseignement de la souplesse est proposée ici comme grille de réflexion.

FacteurEn cours de souplesse, cela peut se traduire par…
CapacitéPrésenter ses compétences sans les exagérer ; expliquer les objectifs ; choisir des exercices maîtrisés ; adapter au niveau. Être compétent dans un domaine ne rend pas compétent dans tous les autres.
Considération pour l’élèveÉcouter les difficultés ; proposer une option plus accessible ; accueillir le refus d’un exercice sans mettre l’élève en difficulté. Une attitude chaleureuse ne remplace pas la maîtrise technique.
IntégritéAnnoncer les limites de l’offre ; tenir ses engagements ; citer fidèlement les études ; corriger une erreur ; ne pas promettre un résultat thérapeutique.

Dire clairement ce que l’on propose

« Atelier pour explorer des inclinaisons et des rotations contrôlées, avec des options pour chaque niveau » décrit un contenu. « Libérer tous les blocages » ou « ma méthode répare le dos » promettent plus qu’ils ne décrivent.

Modèle pour présenter son offre

Mon cours s’adresse à… (public) · On y travaille… (objectif) · Il se déroule ainsi… (durée, format, nombre d’élèves) · Les adaptations possibles… · Ce que je ne propose pas… (par exemple : la prise en charge d’une douleur ou d’une pathologie).

Séparer trois types de propos

TypeExemple
Une observation« Ton bassin tourne lorsque tu lèves le bras. »
Une hypothèse« Cet appui pourrait faciliter le mouvement ; essayons. »
Un résultat de recherche« Cette étude a observé cet effet chez ce type de participants. »

Ne présentez jamais une hypothèse comme un diagnostic, ni une étude comme une promesse individuelle. Expliquez vos choix simplement (« je réduis le levier pour faciliter le contrôle ») : accumuler des noms anatomiques ne remplace pas une explication claire.

Reconnaître ses limites et ses erreurs

Dites ce qui est connu, ce qui reste à vérifier et comment vous allez le vérifier : « Je peux t’expliquer le mouvement global ; je vérifie ce point anatomique et je te réponds la semaine prochaine ». Si vous l’avez promis, faites-le. Face à une erreur : décrivez le point à corriger, donnez l’information juste et expliquez la conséquence pratique, sans vous dévaloriser ni masquer l’erreur.

6. Passer à l’action : prévoir le moment

Transformer une intention en plan « si… alors… »

Ce que dit la recherche

La méta-analyse de Gollwitzer et Sheeran (2006) porte sur les intentions de mise en œuvre : des plans qui précisent à l’avance la situation déclenchante et l’action à réaliser, sous la forme « si la situation X survient, alors je fais Y ». Les travaux regroupés soutiennent leur utilité pour atteindre ses objectifs [S5].

La limite

Un plan ne remplace ni la compétence, ni les moyens, ni un objectif réaliste. Les résultats obtenus dans des tâches variées ne garantissent pas le lancement réussi d’un cours ou d’une activité.

Intention généralePlan « si… alors… »
« Je veux préparer mon atelier. »« Si mon créneau de préparation commence mardi à 14 h, alors je rédige l’objectif et les deux premières consignes. »
« Je veux être plus crédible. »« Si une question dépasse ma compétence, alors je précise ma limite et je note ce que je dois vérifier. »
« Je veux arrêter de repousser. »« Si je repousse encore pour modifier des détails, alors je reviens aux critères “indispensable avant l’essai”. »
« Je veux tenir mon planning. »« Si je ne peux pas terminer le support, alors je garde la structure essentielle et je reprogramme le reste. »

Choisir une action qui dépend de soi

« Obtenir dix inscriptions » ou « recevoir uniquement des avis positifs » sont des résultats qui dépendent des autres. « Envoyer une présentation claire aux personnes qui ont demandé des informations » ou « demander à deux personnes un retour sur la clarté de l’objectif » sont des actions que l’on peut organiser.

Après l’action, faites un bilan proportionné : ce qui a été réalisé, ce qui a empêché la suite, l’ajustement nécessaire. Évitez de conclure « je manque de volonté » avant d’avoir regardé la disponibilité, la difficulté et les conditions réelles.

7. Accompagner les doutes d’un stagiaire ou d’un élève

Poser de bonnes questions et donner des retours utiles

Ce que dit la recherche

La revue exploratoire de Para et collègues (2024) a retenu 31 études sur des interventions liées au phénomène de l’imposteur en milieu professionnel, organisées autour de la formation et de l’accompagnement. Informer sur le phénomène et offrir un soutien en groupe apparaissent comme des pistes ; les auteurs invitent aussi à agir sur l’environnement (attentes claires, retours précis) [S6].

La limite

Les protocoles et les résultats étaient très hétérogènes : cette revue ne montre pas qu’un atelier ou un coaching donné fonctionne pour tous. Le quiz et les exercices de cette fiche ne font pas partie des interventions évaluées.

Commencer par la situation

« Quand cette peur apparaît-elle ? », « Qu’as-tu déjà essayé ? », « Qu’est-ce qui te manque pour décider ? ». Évitez les étiquettes comme « c’est ton syndrome de l’imposteur » ou « tu t’auto-sabotes », qui peuvent masquer un besoin concret : une consigne floue, un manque de soutien ou une compétence à acquérir.

Un retour qui porte sur le travail

Décrivez un fait, son effet et une piste : « Tu as donné trois consignes à la fois ; deux personnes ont demandé de répéter. Peux-tu les donner une par une ? » plutôt que « tu n’as pas confiance en toi ». Chacun reste libre de ce qu’il partage : les réponses aux exercices ne servent jamais à juger une personnalité ou une aptitude.

Atelier proposé : 20 minutes

5 minutes : choisir une situation et distinguer faits, pensées et besoins. · 10 minutes : échange en binôme sur ce que chacun souhaite partager ; le partenaire pose des questions et reformule, sans convaincre ni diagnostiquer. · 5 minutes : écrire une action et une date.

Quiz : choisir une réponse professionnelle

Mises en situation · une réponse par question

10 situations

Choisissez une réponse par question puis cliquez sur « Valider ». Vos réponses ne sont pas enregistrées.

1. Tu as peur de faire mal en proposant un nouvel exercice.

La peur peut signaler une préparation nécessaire ; la réponse dépend de la compétence réelle et des conditions de l’exercice.

2. Tu penses : « Je dois tout savoir avant d’enseigner. »

Définir les prérequis permet de commencer dans son champ de compétence tout en continuant à apprendre.

3. Quelle formulation présente une offre avec précision ?

L’objectif est explicite et les adaptations annoncées ; les autres formulations promettent des effets non établis.

4. Un participant pose une question qui dépasse tes connaissances.

Reconnaître une limite évite d’inventer ; vérifier ou orienter est une action concrète, pas un aveu d’incompétence.

5. Ton premier atelier attire peu de personnes.

Un résultat commercial isolé ne suffit pas à juger des compétences d’enseignement ; le bilan aide à ajuster.

6. Tu n’as pas assez de temps pour préparer le projet prévu.

Une contrainte réelle demande une organisation adaptée, pas une réponse sur l’état d’esprit.

7. Tu modifies ton support pour la dixième fois sans avoir testé tes consignes.

L’effort revient sur ce qui est encore incertain : les consignes, plutôt que la mise en page.

8. Après une séance réussie, tu penses : « C’était un groupe facile, ça ne compte pas. »

Un bilan équilibré reconnaît à la fois sa contribution et les facteurs extérieurs.

9. Quel plan d’action est le mieux formulé ?

Le plan associe un repère précis à une action qui dépend de soi.

10. Un stagiaire hésite pendant sa mise en situation. Quel retour lui donnes-tu ?

Le retour porte sur un comportement modifiable, pas sur la personne.

Ce quiz vérifie la compréhension de la fiche. Il ne mesure ni la personnalité, ni la légitimité, ni l’aptitude professionnelle.

Échange en groupe (25 minutes)

10 minutes de réponses individuelles, puis 15 minutes d’échange : quelle réponse te paraît la plus difficile à appliquer ? Quel exemple as-tu vécu ? De quelle ressource aurais-tu besoin pour réagir autrement ?

Mon premier pas : fiche à compléter

À savoir

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Transformer une inquiétude précise en préparation, puis en action

Mon objectif concret :
La pensée ou la peur qui me retient :
Est-ce une croyance, un frein concret ou une peur à préparer ?
Les faits qui soutiennent ou nuancent cette pensée :
Ce que je maîtrise déjà et ce qu’il me reste à préparer :
Une formulation plus juste de la situation :
Mon plan « si… alors… » :
Mon premier pas, sa date et le soutien dont j’ai besoin :

Après l’essai

Ce qui a fonctionnéCe qui reste incertainCe que je garde, j’ajuste ou je diffère
Les idées clés de la fiche

Une croyance n’est pas un fait, un frein demande une solution pratique, une peur peut signaler quelque chose à préparer. La crédibilité se construit dans les actes : compétence, clarté, cohérence, limites reconnues, pas de surpromesse. On avance par des essais limités, des plans « si… alors… » et des bilans honnêtes. Le but n’est pas de faire disparaître toute peur, mais de prendre une décision mieux informée.

Sources

Recherche documentaire ciblée, septembre 2026 · sélection non exhaustive

  1. [S1] Bravata DM et al. (2020). Prevalence, predictors, and treatment of impostor syndrome: a systematic review. J Gen Intern Med, 35:1252-1275. DOI 10.1007/s11606-019-05364-1.
  2. [S2] Hill AP, Curran T (2016). Multidimensional perfectionism and burnout: a meta-analysis. Pers Soc Psychol Rev, 20:269-288. DOI 10.1177/1088868315596286.
  3. [S3] Cacciotti G, Hayton JC, Mitchell JR, Giazitzoglu A (2016). A reconceptualization of fear of failure in entrepreneurship. J Bus Ventur, 31:302-325. DOI 10.1016/j.jbusvent.2016.02.002.
  4. [S4] Mayer RC, Davis JH, Schoorman FD (1995). An integrative model of organizational trust. Acad Manage Rev, 20:709-734. DOI 10.5465/amr.1995.9508080335.
  5. [S5] Gollwitzer PM, Sheeran P (2006). Implementation intentions and goal achievement: a meta-analysis of effects and processes. Adv Exp Soc Psychol, 38:69-119. DOI 10.1016/S0065-2601(06)38002-1.
  6. [S6] Para E, Dubreuil P, Miquelon P, Martin-Krumm C (2024). Interventions addressing the impostor phenomenon: a scoping review. Front Psychol, 15:1360540. DOI 10.3389/fpsyg.2024.1360540.

Ces références apportent des définitions, des résultats regroupés et leurs limites. Les exemples, exercices et applications de cette fiche sont des créations pédagogiques Bendy Thérapie : ils ne constituent ni une méthode psychologique validée, ni un protocole médical.

A–Z

Glossaire du module 6

Les termes clés de la pédagogie, de la transmission et de la création de cours
Télécharger le glossaire en PDF

31 termes

TermeDéfinition
Ajustement manuelContact de l’enseignant sur l’élève, avec son accord, pour indiquer une direction au mouvement. Il ne force jamais l’amplitude.
Apprentissage moteurProcessus par lequel un geste passe de la découverte à l’automatisation : découvrir, stabiliser, automatiser.
AssemblageCycle qui réunit dans une posture le travail de plusieurs zones préparées auparavant (ex. : split latéral = ischio-jambiers + psoas- quadriceps).
Auto-évaluationAnalyse de son propre cours par l’enseignant, en quelques minutes après chaque séance, pour ajuster la suivante.
CompensationMouvement parasite (dos qui s’arrondit, bassin qui tourne, genou qui plie) qui signale que l’élève a atteint sa limite.
ConsentementAccord explicite de l’élève avant tout contact physique ; un refus est respecté sans discussion.
Consigne positiveConsigne qui dit quoi faire plutôt que quoi éviter (« allongez le bas du dos » plutôt que « ne cambrez pas »).
CyclePériode de quelques semaines (souvent 4) autour d’un thème et d’un objectif : la brique de base de la programmation évolutive.
DémonstrationPrésentation de l’exercice par l’enseignant, en entier, de face ou de profil, en commençant par l’option simple.
DifférenciationAdaptation d’un même cours à des niveaux différents grâce à plusieurs options par exercice.
ÉchauffementPhase de début de séance (5 min) : mobilisation articulaire, respiration et activation musculaire de la zone.
FeedbackRetour donné à l’élève : la sécurité d’abord, une correction à la fois, formulée positivement, en terminant par ce qui va bien.
Fiche de séanceDocument préparé avant chaque cours : cycle et semaine, objectif, consignes de sécurité, exercices et options, bilan.
Gestion de groupeOrganisation de l’espace, du matériel, de la voix et du placement de l’enseignant pour observer et corriger chacun (12 élèves maximum).
GuidageAccompagnement de l’élève pendant l’exercice par la voix, l’image mentale ou le toucher.
HypermobilitéGrande amplitude articulaire obtenue facilement, souvent avec peu de contrôle ; on y privilégie le travail actif et la stabilité.
IncidentÉvénement pendant le cours (douleur, malaise…) qui impose d’arrêter, d’installer, d’évaluer, d’alerter si besoin (15 ou 112) et de noter.
Limites de compétenceCadre de l’enseignant de souplesse : il adapte et oriente, mais ne pose pas de diagnostic et ne soigne pas.
Option avancéeVariante plus exigeante (amplitude, appuis réduits, contrôle actif), proposée sur invitation aux élèves prêts.
Option simpleVariante accessible à tous, avec matériel si besoin ; option par défaut, toujours montrée en premier.
PositionnementTests simples réalisés au début et à la fin d’un cycle pour mesurer l’amplitude, les compensations et les progrès.
Posture de l’enseignantAttitude professionnelle qui place la sécurité, la clarté, l’observation et l’encouragement avant la performance.
Profil d’élèveGrand type d’élève (débutant raide, hypermobile, sportif, pratiquant de discipline, élève avec douleurs) qui oriente la priorité de travail.
Programmation par objectifProgrammation « à rebours » : on part de l’objectif de l’élève et on prépare les zones nécessaires dans l’ordre.
ProgressivitéPrincipe qui va du simple vers le complexe, du connu vers le nouveau, du soutenu vers l’autonome.
Questionnaire d’inscriptionCourt document écrit qui recueille activités, douleurs, blessures et objectifs de l’élève avant le premier cours.
RelâchementDiminution de la tension musculaire, favorisée par la respiration et le temps passé dans la posture (8 à 10 respirations).
RépétitionPrincipe central de la méthode : répéter les consignes à chaque cours, les gestes tout au long du cycle, et chaque exercice 2 fois.
Retour au calmePhase de fin de séance (5 min max) : postures douces, respiration lente et relâchement global.
Signal d’alerteSigne qui impose d’arrêter ou de revenir à l’option simple : douleur vive, douleur lombaire, fourmillements, respiration bloquée, malaise.
Travail actifExercices de contrôle et de renforcement dans l’amplitude, en alternance avec les exercices passifs pendant la séance.

Exercices

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Quiz d'entraînement

🗂️

Flashcards — Module 3

Dos, épaules & Backbend · retournez la carte pour voir la réponse

Cliquez pour voir la réponse
Cliquez pour revenir à la question

Astuce : sur ordinateur, utilisez la barre d'espace pour retourner et les flèches ← → pour naviguer.

💪 Quiz d’entraînement · Module 3

Dos, épaules & Backbend

50 questions sur l’ensemble du module · à refaire autant de fois que vous le souhaitez

Avant de commencer

• Consolider vos connaissances sur les 8 chapitres du module
• Identifier les points à revoir avant la certification
• Comptez environ 30 à 40 minutes

À la fin, vous verrez votre score, la correction et l’explication de chaque réponse.

Commencer le quiz

Le quiz s’ouvre dans un nouvel onglet. Vous pouvez aussi répondre directement ci-dessous :

🎓 Examen final · Module 6

Validation des acquis

Pédagogie, transmission & création de cours · 60 questions de validation des acquis

Avant de commencer

• À réaliser une fois les chapitres du module terminés.
• Prévoyez un moment calme, sans interruption.
• Une seule tentative est possible : relisez vos réponses avant d’envoyer.

Accéder à l’examen final

L’examen s’ouvre dans un nouvel onglet. Une connexion à votre compte Google vous sera demandée.

Pratique