Module 6

Pédagogie, transmission & création de cours

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Certification

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06

Module 6 — Pédagogie, transmission & création de cours

Concevoir, animer et adapter des cours de souplesse sûrs et progressifs

Vous avez appris, au fil des modules 1 à 5, comment fonctionne le corps, comment le système nerveux autorise le relâchement, et comment travailler le dos, les épaules, les jambes, les hanches et la mobilité globale. Ce sixième module répond à une nouvelle question : comment transmettre tout cela à vos élèves, en sécurité et avec méthode ?

Savoir s’assouplir ne suffit pas pour enseigner la souplesse. Un bon enseignant sait observer, donner des consignes claires, adapter chaque exercice au niveau de l’élève et construire une progression dans le temps. C’est tout l’objet de ce module.

À la fin du module, vous serez capable de
  • Adopter une posture d’enseignant qui place la sécurité et l’écoute avant l’amplitude.
  • Recueillir les informations utiles sur un nouvel élève et adapter le cours en conséquence.
  • Donner des consignes claires, courtes et positives qui protègent l’élève.
  • Construire une séance de 4 à 6 exercices et une progression par cycle, par thème et par objectif.
  • Faire travailler plusieurs niveaux dans un même cours, prévenir les blessures et évaluer sa propre pratique.

La méthode Amplitia

Les règles qui reviennent dans chaque chapitre

PrincipeCe que cela veut dire en cours
Des consignes clairesCourtes, précises, positives, et répétées à chaque cours pour devenir un réflexe.
La protection du dosRappelée à chaque exercice, avant toute recherche d’amplitude.
La progressivitéL’option simple d’abord, l’option avancée ensuite, pour ceux qui le souhaitent.
Un climat de confiancePas de compétition, mais un vrai défi adapté à chacun, en respectant ses limites.
Un format maîtrisé4 à 6 exercices par cours, 2 passages, 8 à 10 respirations par exercice.
Une programmation évolutiveOrganisée par cycle, par thème et par objectif, selon une progression logique.

Les 8 chapitres du module

01
La posture de l’enseignantLe rôle de l’enseignant de souplesse, avant même la recherche d’amplitude.
02
Connaître son élèveComment adapter un cours à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore.
03
Les principes pédagogiquesPourquoi la répétition et la régularité font progresser en souplesse.
04
Communiquer et guiderDonner une consigne claire qui protège l’élève.
05
Construire une séancePourquoi 4 à 6 exercices suffisent pour un cours efficace.
06
Programmer une progression évolutiveOrganiser une progression logique, par cycle, par thème et par objectif.
07
Adapter et différencierFaire travailler tous les niveaux dans un même cours.
08
Sécurité et auto-évaluationPrévenir les blessures et progresser en tant qu’enseignant.
Comment travailler ce module
  • Lisez les chapitres dans l’ordre : chacun s’appuie sur le précédent.
  • Faites le quiz de fin de chapitre pour vérifier vos acquis avant de passer au suivant.
  • Utilisez les fiches pratiques (fiche cycle, fiche de préparation de séance, grille d’auto-évaluation) pour préparer vos propres cours.
  • Répondez aux questions du journal de pratique : elles vous aident à relier le module à votre expérience.
  • Consultez le glossaire dès qu’un terme vous semble flou.
Lien avec la certification

Ce module prépare directement la mise en situation de la certification finale : vous animerez une séquence de cours devant le jury, qui observera la clarté de vos consignes, la protection du corps, la progressivité, les options proposées, la qualité de votre écoute et votre capacité à observer et corriger.

Pour commencer — question de réflexion

Pensez au dernier cours de souplesse que vous avez suivi. Qu’est-ce qui vous a donné confiance, et qu’est-ce qui vous a manqué ?

Le fil rouge du module

Savoir s’assouplir ne suffit pas pour enseigner : on observe, on guide, on adapte et on construit une progression dans le temps.

Ce support est un document pédagogique. Il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription médicale.

Contenu pédagogique

01

La posture de l’enseignant

Quel est le rôle de l’enseignant de souplesse, avant même la recherche d’amplitude ?

Télécharger le chapitre 1 en PDF
La posture de l’enseignant

Les quatre responsabilités de l’enseignant de souplesse.

Comment lire ce module

Relier chaque principe à une situation de cours

Chaque chapitre associe trois niveaux de lecture : un principe pédagogique, des exemples concrets de consignes ou de situations, et des outils directement utilisables en cours (fiches, tableaux, grilles). Le module prépare directement la mise en situation de la certification finale, où vous animerez une séquence de cours devant le jury.

À la fin du module, vous pourrez

  • Adopter une posture d’enseignant responsable, à l’écoute et encourageante.
  • Évaluer le niveau et les besoins de vos élèves.
  • Donner des consignes claires, démontrer et corriger en toute sécurité.
  • Construire une séance complète selon la méthode Amplitia.
  • Construire un programme par cycles adapté aux objectifs de chacun.
  • Adapter un même cours à des niveaux différents.
  • Prévenir les blessures et analyser votre propre pratique.

Principe central

Repère

SécuritéLe dos et les articulations sont-ils protégés ?

Clarté

ProgressivitéL’option simple a-t-elle été proposée en premier ?

Écoute

Votre rôle d’enseignant

L’amplitude vient ensuite, avec le temps

L’enseignant de souplesse est d’abord le gardien de la sécurité de ses élèves. Vous n’êtes pas là pour montrer ce que vous savez faire, mais pour permettre à chaque élève de progresser dans son propre corps. Un bon cours ne se mesure pas au nombre de grands écarts réalisés, mais au nombre d’élèves qui repartent en sécurité, en confiance et avec l’envie de revenir.

Vos quatre responsabilités

Responsabilité

ProtégerLe dos, les articulations et les structures fragiles passent avant la performance.

Guider

ObserverRepérer les compensations, les tensions et les signes de fatigue.

Encourager

Écoute et défi

Exigeant sans décourager, stimulant sans mettre en compétition

Être à l’écoute ne veut pas dire manquer d’exigence. Un cours sans aucun défi finit par ennuyer ; un cours trop dur décourage ou blesse. Votre rôle est de trouver l’équilibre : proposer à chacun un petit défi à sa mesure, en respectant toujours ses limites.

  • Pas de comparaison entre élèves : chacun progresse par rapport à lui-même.
  • Pas de « il faut y arriver » : on cherche la bonne sensation, pas la forme parfaite.
  • Des encouragements sincères et précis (« ton dos est bien plus long qu’au début du cycle ») plutôt que des compliments vagues.

Éthique et limites de compétence

Enseignant de souplesse, pas professionnel de santé

Vous ne posez pas de diagnostic et vous ne traitez pas une douleur. Face à une douleur persistante, une blessure récente, une grossesse ou une pathologie connue, vous adaptez prudemment et vous orientez vers un médecin, un kinésithérapeute ou un ostéopathe.

Le toucher et le consentement

Les ajustements manuels peuvent aider, mais ils ne sont jamais automatiques. Demandez toujours l’accord de l’élève avant de le toucher, expliquez ce que vous allez faire et respectez un refus sans discussion.

Chapitre terminé ? Passez à la suite :
02

Connaître son élève

Comment adapter un cours à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore ?

Télécharger le chapitre 2 en PDF
Connaître son élève

Les cinq grands profils d’élèves et leur priorité de travail.

On ne peut pas adapter un cours à quelqu’un qu’on ne connaît pas. Avant de faire travailler un élève, prenez le temps de savoir qui il est, ce qu’il cherche et ce que son corps peut faire aujourd’hui.

Les questions à poser

Avant le premier cours

  • Pratiquez-vous une activité physique ? Laquelle, et depuis combien de temps ?
  • Avez-vous des douleurs, blessures ou opérations récentes (dos, épaules, genoux, hanches) ?
  • Êtes-vous enceinte ou en post-partum récent ?
  • Qu’attendez-vous de ces cours : bien-être, soulager des tensions, progresser dans une discipline, atteindre une figure précise ?

Les grands profils d’élèves

Les reconnaître pour choisir ses options, ses consignes et sa façon d’encourager

  1. Le débutant raide

Ce que vous observez

  • une amplitude limitée dès les premiers exercices (mains loin du sol en flexion avant, genoux qui plient) ;
  • de l’appréhension, parfois de la gêne à se comparer aux autres ;
  • une respiration bloquée ou courte dès que l’étirement se fait sentir ;
  • des compensations fréquentes : dos qui s’arrondit, épaules qui montent.

Votre priorité

  • le mettre en confiance : l’option simple est une vraie option de travail ;
  • utiliser beaucoup de matériel (briques, sangles, coussins) pour qu’il trouve une position confortable ;
  • travailler sur des sensations simples et sur la respiration avant l’amplitude ;
  • valoriser chaque petit progrès, avec les tests de début et de fin de cycle.
  1. L’hypermobile

Ce que vous observez

  • une grande amplitude obtenue très facilement, sans échauffement ;
  • des articulations qui vont « au-delà » (coudes ou genoux en hyperextension, bas du dos très cambré) ;
  • peu de sensation d’étirement : l’élève « s’installe » dans ses articulations au lieu d’utiliser ses muscles ;
  • parfois des douleurs diffuses ou une instabilité articulaire.

Votre priorité

  • ne pas chercher plus d’amplitude : l’objectif est le contrôle, pas la performance ;
  • privilégier le travail actif et le renforcement dans l’amplitude ;
  • donner des consignes de verrouillage léger (micro-flexion des genoux et des coudes, gainage) ;
  • lui expliquer pourquoi il travaille différemment, pour qu’il ne se sente pas freiné.
  1. Le sportif

Ce que vous observez

  • de la force et de la tonicité, mais des raideurs ciblées selon son sport (ischio-jambiers chez le coureur, épaules chez le nageur ou le grimpeur, hanches chez le cycliste) ;
  • une tendance à forcer et à contracter dans les postures ;
  • l’habitude de la performance et de l’effort intense.

Votre priorité

  • lui apprendre à relâcher plutôt qu’à forcer : ici, c’est la respiration qui fait progresser ;
  • insister sur les 8 à 10 respirations pour laisser au corps le temps de se détendre ;
  • cibler les zones sollicitées par son sport ;
  • lui montrer ce que la souplesse apporte à sa pratique (récupération, prévention des blessures, amplitude de mouvement).
  1. Le pratiquant d’une discipline (pole dance, aérien, danse)

Ce que vous observez

  • un objectif précis : une figure, un écart, un backbend ;
  • l’envie d’aller vite, parfois en se comparant à d’autres pratiquants ou aux réseaux sociaux ;
  • une souplesse souvent inégale : très ouvert sur une zone, raide sur une autre ;
  • des compensations pour « réussir la figure » (bassin qui tourne dans l’écart, bas du dos qui fait tout le travail dans le backbend).

Votre priorité

  • préparer les zones avant de viser la figure ;
  • freiner l’impatience en expliquant le temps nécessaire au corps pour s’adapter ;
  • corriger les compensations, même si l’amplitude diminue au début ;
  • construire un programme par objectif (voir le chapitre 6).
  1. L’élève avec douleurs ou en reprise

Ce que vous observez

  • des tensions, une peur du mouvement, des gestes prudents ;
  • une douleur signalée au questionnaire ou pendant le cours (dos, épaules, genoux) ;
  • parfois une reprise après une blessure, une opération ou une longue pause.

Votre priorité

  • la prudence avant tout : options douces uniquement, sans recherche d’amplitude ;
  • le rassurer et lui redonner confiance dans le mouvement ;
  • lui demander régulièrement ses sensations et arrêter en cas de douleur ;
  • l’orienter vers un professionnel de santé si la douleur persiste ou s’aggrave.

Le positionnement de début de cycle

Mesurer pour montrer les progrès

Au premier cours d’un cycle, faites quelques tests simples liés à la zone travaillée : flexion avant jambes tendues, fente basse, ouverture d’épaules au bâton, écart au sol… Notez l’amplitude et les compensations observées, ou prenez une photo avec l’accord de l’élève.

Chapitre terminé ? Passez à la suite :
03

Les principes pédagogiques

Pourquoi la répétition et la régularité font-elles progresser en souplesse ?

Télécharger le chapitre 3 en PDF
Les principes pédagogiques

Les trois étapes de l’apprentissage au fil d’un cycle de 4 semaines.

La souplesse s’apprend comme n’importe quelle compétence motrice : par la répétition, la progressivité et la régularité. Le corps a besoin de temps pour accepter une nouvelle amplitude et apprendre à la contrôler.

Les 3 étapes de l’apprentissage

Découvrir, stabiliser, automatiser

ÉtapeCe qui se passeRôle de l’enseignant
ÉtapeCe qui se passeRôle de l’enseignant
2. StabiliserLe geste devient plus fluide, les erreurs diminuent.Affiner les corrections.

C’est pour cela que chaque cycle dure 4 semaines : la première semaine sert à découvrir, les suivantes à stabiliser puis à progresser.

Répéter, encore et toujours

La répétition est au cœur de la méthode Amplitia

  • Répéter les consignes à chaque cours, même si les élèves les connaissent déjà. Une consigne de sécurité entendue une seule fois est vite oubliée ; entendue à chaque séance, elle devient un réflexe.
  • Répéter les gestes : les mêmes exercices reviennent tout au long du cycle, pour que l’élève les maîtrise et mesure ses progrès.
  • Faire chaque exercice 2 fois : le premier passage sert à se placer et à découvrir la sensation, le second permet de relâcher davantage et d’aller un peu plus loin en sécurité.

La progressivité

Du simple vers le complexe, du soutenu vers l’autonome

  • d’abord l’option simple, puis l’option avancée pour ceux qui le souhaitent ;
  • d’abord le travail actif et l’échauffement de la zone, ensuite les postures plus passives ;
  • d’abord la bonne position, ensuite l’amplitude.

Le temps et la respiration

Laisser au corps le temps de se relâcher

Le corps ne se relâche pas sur commande. Restez 8 à 10 respirations par exercice : les premières respirations servent à s’installer, les suivantes laissent le système nerveux baisser la garde et les muscles se détendre (voir le Module 2). Une posture tenue trop brièvement ne laisse pas au relâchement le temps de s’installer.

Chapitre terminé ? Passez à la suite :
04

Communiquer et guider

Comment donner une consigne claire qui protège l’élève ?

Télécharger le chapitre 4 en PDF
Communiquer et guider

L’ordre des consignes, du sol vers le haut.

Une consigne claire et précise est la première protection de vos élèves. Si l’élève ne comprend pas où placer son bassin ou son dos, aucun exercice n’est sûr.

Une bonne consigne

Courte, précise et positive : elle dit quoi faire, pas seulement quoi éviter

À éviterÀ privilégier
« Descendez le plus possible. »« Descendez jusqu’à sentir l’étirement, puis restez là et respirez. »
À éviterÀ privilégier
« Détendez-vous. »« À l’expiration, laissez les épaules descendre loin des oreilles. »

L’ordre des consignes

Toujours le même ordre, du sol vers le haut

  1. Les appuis : pieds, genoux, mains au sol.
  2. Le bassin : orientation, bascule, stabilité.
  3. Le dos : colonne longue, gainage léger, pas d’écrasement des lombaires.
  4. Les épaules et la tête : épaules basses, nuque dans le prolongement.
  5. La respiration : inspirer pour s’allonger, expirer pour relâcher.

La protection du dos

Le fil rouge de chaque cours

Quelle que soit la zone travaillée, rappelez à chaque exercice les consignes de protection du dos : colonne allongée, gainage abdominal léger, bassin placé, aucune douleur dans le bas du dos.

Démontrer, guider, corriger

Quatre façons de transmettre

Outil

La voix

Outil

Le toucher

Le retour à l’élève

Corrigez d’abord ce qui touche à la sécurité, ensuite ce qui touche à l’efficacité. Une seule correction à la fois, formulée positivement. Terminez par ce qui va bien : l’élève doit repartir avec un repère clair et l’envie de continuer.

Chapitre terminé ? Passez à la suite :
05

Construire une séance

Pourquoi 4 à 6 exercices suffisent-ils pour un cours efficace ?

Télécharger le chapitre 5 en PDF
Construire une séance

La structure type d’une séance Amplitia.

Une séance Amplitia contient 4 à 6 exercices maximum sur la zone du cycle, chacun réalisé 2 fois, avec 8 à 10 respirations par passage. Moins d’exercices, mais mieux faits : c’est la qualité qui fait progresser, pas la quantité.

Pourquoi limiter à 4 à 6 exercices ?

Qualité avant quantité

  • Le corps a le temps de se relâcher vraiment dans chaque posture.
  • Les élèves retiennent les exercices et peuvent les refaire chez eux.
  • Vous avez le temps d’observer, de corriger et de répéter les consignes.
  • La fatigue reste maîtrisée, ce qui limite le risque de blessure en fin de cours.

La structure type

Pour un cours d’environ 1 heure

PhaseDuréeContenuObjectif
Accueil5 minRappel du thème du cycle, des consignes de sécurité et de la protection du dosMettre en condition, créer le cadre
Échauffement10 à 15 minMobilisation articulaire, respiration, activation musculaire de la zonePréparer le corps, monter en température
Travail actif10 à 15 minExercices de contrôle et de renforcement en amplitudeConstruire la force dans l’amplitude
Souplesse20 min4 à 6 exercices, 2 passages, 8 à 10 respirations, option simple puis option avancéeGagner en amplitude en sécurité
Retour au5 à 10 minPostures douces, respiration lente,Apaiser le système
calmerelâchement globalnerveux, récupérer

Choisir et enchaîner les exercices

Une logique simple et constante

  • Tous les exercices servent l’objectif du cycle (par exemple : les ischio-jambiers).
  • On commence par les postures les plus accessibles et on termine par les plus exigeantes.
  • On alterne les positions pour limiter la fatigue : debout, au sol, allongé.
  • Un exercice fait d’un côté est toujours fait de l’autre côté.
  • On garde les mêmes exercices pendant tout le cycle, en ajustant les options au fil des semaines.

La fiche de préparation de séance

Ne pas improviser, suivre l’évolution du cycle

ÉlémentÀ noter
Objectif de la séanceEx. : flexion avant jambes tendues, dos long
ÉlémentÀ noter
ÉchauffementExercices et durée
Retour au calmePostures et respiration
Chapitre terminé ? Passez à la suite :
06

Programmer par cycles

Comment organiser la progression sur plusieurs semaines, selon l’objectif de chacun ?

Télécharger le chapitre 6 en PDF
Programmer par cycles

Exemple de programme annuel en 8 cycles de 4 semaines.

L’exemple de programmation proposé ici s’organise en 8 cycles de 4 semaines, soit 32 semaines, ce qui correspond à une saison de cours. Chaque cycle se concentre sur une zone : on prépare d’abord les zones séparément, puis on les assemble dans les postures et les grands écarts.

Pourquoi travailler par cycles ?

Un objectif clair, renouvelé chaque mois

  • 4 semaines laissent le temps de découvrir les exercices, de les maîtriser et de mesurer un vrai progrès.
  • Se concentrer sur une zone permet d’aller plus en profondeur qu’un cours « un peu de tout ».
  • Les élèves ont un objectif clair et motivant, renouvelé chaque mois.
  • L’ordre des cycles suit une logique : les derniers cycles s’appuient sur tout le travail préparé avant.

Exemple : un programme annuel par zones

Préparer les zones, puis les assembler

CycleSemainesZone travailléeCe que ce cycle prépare
11 à 4ÉpaulesOuverture et mobilité du haut du corps, base des postures de dos
25 à 8DosMobilité de la colonne, extension et flexion en sécurité
39 à 12Ischio-jambiersFlexion avant, préparation des écarts
413 à 16Psoas et quadricepsOuverture de l’avant de la hanche, jambe arrière des écarts
517 à 20Adducteurs et hanchesOuverture des hanches, préparation du middle split
621 à 24Postures dos & épaulesAssemblage des cycles 1 et 2 dans les postures de backbend
725 à 28Split latéral (écart antéro- postérieur)Assemblage des cycles 3 et 4
829 à 32Middle split & pancake (écart facial)Assemblage des cycles 3 et 5

La progression à l’intérieur d’un cycle

Découvrir, stabiliser, progresser, mesurer

SemaineObjectifCe que fait l’enseignant
1DécouvrirPrésente les exercices, insiste sur le placement et la sécurité, fait les tests de positionnement
2StabiliserAffine les corrections ; les élèves se placent plus vite
3ProgresserPropose les options avancées à ceux qui sont prêts
4Consolider et mesurerRefait les tests du début de cycle, fait le bilan avec les élèves

Au-delà de la saison

À la fin des 8 cycles, on recommence la boucle : les élèves retrouvent les mêmes zones avec plus de facilité et peuvent aller vers les options avancées.

Programmer selon les objectifs de chacun

Le cycle de 4 semaines reste la brique de base ; le choix et l’ordre des cycles changent

Il n’existe pas de programme unique : on part toujours de ce que souhaite l’élève, de son niveau et du temps dont il dispose.

Les questions à se poser avant de programmer

  • Quel est l’objectif de l’élève : bien-être, soulager des tensions, un écart ou une figure précise, compléter une discipline ?
  • En combien de temps souhaite-t-il l’atteindre ?
  • Combien de séances peut-il faire par semaine ?
  • Que montrent les tests de positionnement : quelles zones sont raides, lesquelles sont hypermobiles ?
  • S’agit-il d’un cours collectif ou d’un cours particulier ?

Les grandes façons de programmer

TypePour quiPrincipeExemple
Par zonesCours collectifs, progression globaleUne zone par cycle, puis assemblage des zones dans les posturesLe programme annuel ci- dessus
Par objectif (àÉlève qui vise unOn liste les zonesMiddle split en 16
rebours)écart ou une figurenécessaires et on les prépare dans l’ordre ; le dernier cycle est consacré à l’objectifsemaines : adducteurs et hanches, ischio-jambiers, adducteurs et hanches en option avancée, puis middle split & pancake
Bien-être etÉlèves qui veulentChaque séance mobiliseUn cycle haut du corps,
entretiense sentir mieux et relâcher leurs tensionsplusieurs zones ; l’accent change à chaque cycleun cycle bas du corps, un cycle dos
ComplémentPole dance, aérien,On cible les zones de laÉpaules puis dos avant un
d’unedanse, sportdiscipline et on cale lescycle de figures en
disciplinecycles sur son calendrierbackbend à la pole
PersonnaliséeCours particulier, suivi individuelLe programme se construit à partir des tests et se réajuste à chaque bilanProgramme sur mesure après le premier positionnement

Adapter à la fréquence des séances

  • 1 séance par semaine : progression plus lente ; donnez 2 ou 3 exercices du cours à refaire à la maison.
  • 2 à 3 séances par semaine : gardez la zone du cycle dans chaque séance et ajoutez un court rappel d’une zone travaillée lors d’un cycle précédent, pour ne pas perdre les acquis.

Construire un programme personnalisé en 5 étapes

  1. Recueillir l’objectif, le délai et les contraintes de l’élève.
  2. Faire les tests de positionnement.
  3. Choisir les zones à préparer et leur ordre : toujours préparer les zones avant de les assembler.
  4. Découper le programme en cycles de 4 semaines et préparer les fiches de séance.
  5. Refaire les tests à la fin de chaque cycle, faire le bilan avec l’élève et réajuster la suite.
Chapitre terminé ? Passez à la suite :
07

Adapter et différencier

Comment faire travailler tous les niveaux dans un même cours ?

Télécharger le chapitre 7 en PDF
Adapter et différencier

Trois options pour une même posture.

Dans un même cours, chaque élève doit trouver sa place : l’option simple est toujours proposée en premier, l’option avancée ensuite, pour ceux qui souhaitent se challenger.

Le principe des options

Au moins deux niveaux pour chaque exercice

  • Option simple : accessible à tous, avec du matériel si besoin (brique, sangle, coussin, mur). C’est l’option par défaut, montrée en premier.
  • Option avancée : plus d’amplitude, moins d’appuis ou plus de contrôle actif, pour les élèves prêts et volontaires.

Exemple : la flexion avant assise (cycle ischio-jambiers)

Niveau

Option simpleAssis sur une brique, genoux légèrement fléchis, sangle autour des pieds, dos long

Option intermédiaire

Option avancéeJambes tendues, pieds flex ; on descend le buste vers les cuisses sans arrondir le bas du dos

Donner du défi sans compétition

Comparer l’élève à lui-même

  • Proposez l’option avancée sous forme d’invitation (« si vous vous sentez prêts, vous pouvez… »), jamais comme une obligation.
  • Donnez des défis personnels mesurables : une brique de moins sous les mains, une respiration de plus dans la posture, un meilleur contrôle actif.
  • Comparez l’élève à lui-même, avec les tests de début et de fin de cycle.
  • Célébrez les progrès de chacun, pas seulement ceux des plus souples.

Les profils particuliers

Adapter sans exclure

Profil

Très raide

Profil

Grossesse

Lien avec les limites et compensations

Réutilisez ce que vous avez appris au Module 1, chapitre 6 : quand un élève compense (dos qui s’arrondit, bassin qui tourne, genou qui plie), c’est le signal qu’il a atteint sa limite.

Chapitre terminé ? Passez à la suite :
08

Sécurité et auto-évaluation

Comment prévenir les blessures et progresser en tant qu’enseignant ?

Télécharger le chapitre 8 en PDF
Sécurité et auto-évaluation

Préparer, surveiller, analyser : la sécurité avant, pendant et après le cours.

Un cours réussi est d’abord un cours sans blessure. La sécurité se prépare avant le cours, se surveille pendant et s’analyse après.

Les signaux d’alerte

Arrêter ou revenir à l’option simple

  • une douleur vive, pointue ou localisée dans une articulation ;
  • une douleur ou un inconfort dans le bas du dos ;
  • des fourmillements, une sensation de décharge électrique ;
  • une respiration bloquée ou saccadée, un visage crispé ;
  • des tremblements importants ou une perte de contrôle ;
  • un malaise, un vertige, une pâleur.

En cas d’incident

Cinq étapes

  1. Arrêter immédiatement l’exercice pour l’élève concerné.
  2. L’installer confortablement et le rassurer.
  3. Évaluer la situation : douleur, mobilité, malaise.
  4. Appeler les secours (15 ou 112) si nécessaire.
  5. Noter l’incident par écrit et orienter l’élève vers un professionnel de santé.

Gérer le groupe et l’espace

Voir tout le monde, tout avoir sous la main

  • Placez-vous de façon à voir tout le groupe, et déplacez-vous pour observer sous plusieurs angles.
  • Prévoyez assez d’espace entre les tapis pour les exercices au sol et les écarts.
  • Préparez le matériel à l’avance (briques, sangles, coussins) pour qu’il soit à portée de main.
  • Adaptez votre voix : assez forte pour être entendue, calme pour favoriser le relâchement.
  • Un groupe de 12 élèves maximum permet d’observer et de corriger chacun.

L’auto-évaluation de l’enseignant

5 minutes après chaque cours

Oui / À améliorer

Oui / À améliorer

Demandez aussi régulièrement l’avis de vos élèves, à la fin de chaque cycle par exemple : leurs retours sont la meilleure façon de progresser en tant qu’enseignant.

Préparer la certification

Ce que le jury observera

Glossaire du module 6

Les termes clés de la pédagogie, de la transmission et de la création de cours, de A à Z

TermeDéfinition
Ajustement manuelContact de l’enseignant sur l’élève, avec son accord, pour indiquer une direction au mouvement. Il ne force jamais l’amplitude.
Apprentissage moteurProcessus par lequel un geste passe de la découverte à l’automatisation : découvrir, stabiliser, automatiser.
AssemblageCycle qui réunit dans une posture le travail de plusieurs zones préparées auparavant (ex. : split latéral = ischio-jambiers + psoas-quadriceps).
Auto-évaluationAnalyse de son propre cours par l’enseignant, en quelques minutes après chaque séance, pour ajuster la suivante.
CompensationMouvement parasite (dos qui s’arrondit, bassin qui tourne, genou qui plie) qui signale que l’élève a atteint sa limite.
ConsentementAccord explicite de l’élève avant tout contact physique ; un refus est respecté sans discussion.
Consigne positiveConsigne qui dit quoi faire plutôt que quoi éviter (« allongez le bas du dos » plutôt que « ne cambrez pas »).
CyclePériode de 4 semaines consacrée à une zone ou à un objectif, qui constitue la brique de base de la programmation.
DémonstrationPrésentation de l’exercice par l’enseignant, en entier, de face ou de profil, en commençant par l’option simple.
DifférenciationAdaptation d’un même cours à des niveaux différents grâce à plusieurs options par exercice.
ÉchauffementPhase de début de séance (10 à 15 min) : mobilisation articulaire, respiration et activation musculaire de la zone.
FeedbackRetour donné à l’élève : la sécurité d’abord, une correction à la fois, formulée positivement, en terminant par ce qui va bien.
Fiche de séanceDocument préparé avant chaque cours : cycle et semaine, objectif, consignes de sécurité, exercices et options, bilan.
Gestion de groupeOrganisation de l’espace, du matériel, de la voix et du placement de l’enseignant pour observer et corriger chacun (12 élèves maximum).
HypermobilitéGrande amplitude articulaire obtenue facilement, souvent avec peu de contrôle ; on y privilégie le travail actif et la stabilité.
Limites de compétenceCadre de l’enseignant de souplesse : il adapte et oriente, mais ne pose pas de diagnostic et ne soigne pas.
Option simpleVariante accessible à tous, avec matériel si besoin ; option par défaut, toujours montrée en premier.
Posture de l’enseignantAttitude professionnelle qui place la sécurité, la clarté, l’observation et l’encouragement avant la performance.
Programmation par objectifProgrammation « à rebours » : on part de l’objectif de l’élève et on prépare les zones nécessaires dans l’ordre.
Questionnaire d’inscriptionCourt document écrit qui recueille activités, douleurs, blessures et objectifs de l’élève avant le premier cours.
Retour au calmePhase de fin de séance (5 à 10 min) : postures douces, respiration lente et relâchement global.
Signal d’alerteSigne qui impose d’arrêter ou de revenir à l’option simple : douleur vive, douleur lombaire, fourmillements, respiration bloquée, malaise.
Module terminé ? Dernière étape :

Réviser le chapitre 8 : Sécurité et auto-évaluation

Commencez par les 7 cartes de révision, puis testez-vous avec le quiz de 8 questions.

Touchez la carte pour voir la réponse
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Chapitre terminé ? Passez à la suite :

Documents du module 6

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Module 6 complet

L’introduction et les 8 chapitres réunis : posture de l’enseignant, pédagogie, consignes, séance type, cycles, différenciation, sécurité et glossaire. PDF · 31 pages

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Glossaire du module 6

Les 22 termes essentiels du module, avec une recherche pour retrouver une définition en un instant.

Les chapitres en PDF

Chapitre 1

La posture de l’enseignant

Le rôle de l’enseignant de souplesse : responsabilité, sécurité, limites de compétence et consentement avant tout contact. PDF · 4 pages

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Chapitre 2

Connaître son élève

Les profils d’élèves, le questionnaire d’inscription, l’hypermobilité et le positionnement en début de cycle. PDF · 4 pages

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Chapitre 3

Les principes pédagogiques

Les trois étapes de l’apprentissage moteur, la répétition, la régularité et la progressivité. PDF · 3 pages

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Chapitre 4

Communiquer et guider

Donner une consigne claire et positive, démontrer, guider et faire un retour utile à l’élève. PDF · 3 pages

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Chapitre 5

Construire une séance

La structure d’une séance en cinq phases et le format Amplitia : 4 à 6 exercices, 2 passages, 8 à 10 respirations. PDF · 3 pages

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Chapitre 6

Programmer par cycles

Organiser la progression par cycles de 4 semaines selon l’objectif de chaque élève. PDF · 4 pages

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Chapitre 7

Adapter et différencier

Faire travailler tous les niveaux dans un même cours : option simple, option avancée, différenciation. PDF · 3 pages

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Chapitre 8

Sécurité et auto-évaluation

Prévenir les blessures, gérer un incident et le groupe, s’auto-évaluer, et le glossaire du module. PDF · 4 pages

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Ces supports sont des documents pédagogiques. Ils ne constituent ni un diagnostic ni une prescription médicale.

FICHE

Oser agir, construire sa crédibilité

Comprendre ses peurs et ses freins, puis choisir un premier pas réaliste

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À l’issue de ce chapitre, vous serez capable de
  • Distinguer une croyance, un frein concret et une peur qui signale quelque chose à préparer.
  • Construire sa crédibilité par des actes : compétence, clarté, cohérence et reconnaissance de ses limites.
  • Transformer une intention en un premier pas daté, puis en tirer un bilan utile.
Objectif de la fiche

Identifier ce qui retient une personne lorsqu’elle souhaite enseigner, proposer un cours ou développer une activité, et distinguer les pensées qui limitent l’action des compétences et des moyens qu’il reste réellement à acquérir.

Comprendre avant d’agir

Croyance, frein ou peur : trois réalités différentes

NotionCe que c’estCe qu’on en fait
Une croyanceUne idée tenue pour vraie qui réduit les possibilités envisagées : « je dois tout savoir pour commencer », « si je me trompe, je ne suis pas compétente ». Le terme est un outil de réflexion, pas un diagnostic psychologique.On l’examine avec des faits : qu’est-ce qui la soutient, qu’est-ce qui la nuance ?
Un frein concretUn manque réel de temps, de budget, d’expérience, de connaissances ou de soutien.On cherche une réponse pratique : le reformuler positivement ne suffit pas à le résoudre.
Une peurUne émotion qui peut signaler quelque chose à préparer : craindre de faire mal invite à vérifier ses compétences ; craindre de se lancer invite à préparer un premier essai limité.On l’examine sans la minimiser et sans la considérer comme une preuve d’incapacité.
Trois questions pour commencer

Que voudrais-je faire exactement ? Qu’est-ce qui m’en empêche aujourd’hui ? Parmi ces obstacles, lesquels sont observables et lesquels sont des anticipations ?

Les freins les plus fréquents

Nommer la peur, préciser le besoin, choisir une action adaptée

FreinCe qu’on se ditCe qu’on vérifiePremière action
La peur de faire mal« Et si je blesse quelqu’un ? »Ce que je maîtrise, les adaptations disponibles, les limites de mon rôlePréparer une séance simple avec des variantes et demander une observation ou une relecture compétente
La peur de se lancer« Je commencerai quand tout sera prêt. »Ce qui est vraiment indispensable avant un premier essaiTester une proposition limitée auprès d’un petit groupe, dans un cadre maîtrisé
Le sentiment de ne pas être légitime« D’autres savent beaucoup plus que moi. »L’inventaire de mes compétences et de mes limitesDécrire précisément ce que je sais accompagner, et pour quel public
La peur du regard des autres« On va me critiquer. »Quelles personnes peuvent m’apporter des retours utilesDemander un avis sur la clarté de l’offre ou de la séance, pas une validation de ma valeur
La peur de l’échec« Si ça ne marche pas, je ne suis pas capable. »Ce que l’essai me permettra d’apprendreFixer une durée, des moyens raisonnables et des critères de bilan
Le perfectionnisme et la comparaison« Il faut que ce soit aussi bien que chez les autres. »Le niveau de qualité suffisant pour un premier essai sérieuxTerminer une version utilisable, puis l’améliorer à partir des retours
À ne pas confondre

Un manque de temps n’est pas une croyance limitante : c’est une contrainte à organiser. À l’inverse, penser positivement ne remplace pas une compétence qui reste à acquérir.

Lire les recherches sans simplifier

Distinguer un résultat, sa limite et son application

L’expression « croyances limitantes » ne correspond pas à une mesure scientifique unique. Pour approfondir, cette fiche s’appuie sur des notions mieux définies par la recherche : le phénomène de l’imposteur, les préoccupations perfectionnistes, la peur de l’échec, la confiance et la planification de l’action.

RepèreCe qu’il faut savoir
Une association n’est pas une causeQuand deux caractéristiques sont liées, on ne sait pas forcément laquelle influence l’autre, et le contexte compte. Une étude sur le perfectionnisme et l’épuisement ne prédit pas l’avenir d’une personne.
Chaque méthode répond à sa questionUne étude qualitative explore des expériences ; une méta-analyse combine des résultats chiffrés ; une revue exploratoire cartographie les travaux ; un modèle théorique propose une explication, sans être un essai d’efficacité.
Transposer avec prudenceLes enseignants de souplesse et de mobilité ne sont pas directement étudiés dans ces recherches. Les exemples de cours et de lancement d’activité sont des adaptations pédagogiques proposées pour Bendy Thérapie, pas des méthodes testées telles quelles.
Comment utiliser cette fiche

Lisez les thèmes, puis choisissez un cas concret qui vous concerne. Cherchez ce qui relève des compétences, des moyens, du contexte ou d’une anticipation. Utilisez les exercices pour préparer une action et en observer le résultat. Le quiz final est pédagogique : ce n’est pas un test psychologique validé.

1. Se sentir légitime

Reconnaître sa contribution sans transformer un doute en diagnostic

Ce que dit la recherche

Le phénomène de l’imposteur désigne la difficulté à attribuer ses réussites à ses compétences, malgré des accomplissements objectifs : les succès sont mis sur le compte de la chance ou de l’aide reçue, tandis qu’un revers est vécu comme la preuve d’une insuffisance. La revue systématique de Bravata et collègues (2020) a retenu 62 études et 14 161 participants : selon les outils et les seuils utilisés, les fréquences rapportées variaient de 9 à 82 %. Ces sentiments concernaient des hommes et des femmes, à tous les âges et dans de nombreux milieux professionnels [S1].

La limite

On ne peut pas annoncer un pourcentage unique valable pour tous : les études étaient très hétérogènes. La revue, qui couvrait les travaux publiés jusqu’en 2018, n’a pas trouvé de preuve solide en faveur d’un traitement particulier.

Éviter le jugement global

« Je n’ai pas trouvé une bonne consigne aujourd’hui » décrit un événement. « Je ne suis pas une vraie enseignante » transforme cet événement en identité. Pour réfléchir utilement, revenez à la tâche : quelle consigne, avec quel public, à quel moment, et quelle amélioration est possible ? Examinez aussi vos réussites avec les mêmes critères que vos difficultés : préparation, clarté, adaptation, retours des participants. Une séance réussie ne prouve pas que tout est acquis, mais l’attribuer seulement à « un groupe facile » efface votre préparation.

Exercice : l’inventaire en trois colonnes

Je maîtriseJe consolideJe ne propose pas encore
Ce que je réalise et explique de façon satisfaisanteCe pour quoi j’ai besoin de pratique ou de retoursCe qui demande un apprentissage de plus ou dépasse mon rôle
Ex. : une séance d’initiation avec des variantes simplesEx. : observer les compensations dans un groupe nombreuxEx. : la prise en charge d’une pathologie

Demandez ensuite des retours qui apportent une information : plutôt que « est-ce que je suis légitime ? », demandez « mon objectif était-il clair ? », « la variante était-elle adaptée ? », « à quel moment ma consigne était-elle difficile à suivre ? ».

Ce qui fonde aussi votre légitimité

Votre formation certifiée, votre pratique personnelle, vos heures d’enseignement, les retours de vos élèves et votre capacité à dire ce que vous ne faites pas. Pensez aussi aux éléments concrets de votre cadre professionnel : statut, assurance responsabilité civile professionnelle, questionnaire d’inscription, règles de sécurité affichées. Vérifiez le cadre réglementaire qui s’applique à votre activité.

2. Perfectionnisme : exigence ou menace ?

Viser la qualité et craindre l’erreur ne sont pas la même chose

Ce que dit la recherche

La méta-analyse de Hill et Curran (2016) regroupe 43 études et 9 838 participants issus du travail, du sport et de l’éducation. Elle distingue deux dimensions : la recherche de standards élevés et les préoccupations perfectionnistes (inquiétude face aux erreurs, doutes, sentiment de pression). Les préoccupations perfectionnistes sont associées de façon moyenne à forte à l’épuisement ; la recherche de standards élevés montre des liens faibles, négatifs ou non significatifs [S2]. Toute exigence personnelle n’est donc pas nocive.

La limite

Ces associations ne prouvent pas que le perfectionnisme provoque à lui seul l’épuisement. Les dimensions se recoupent, le contexte compte, et il n’existe pas de niveau « acceptable » universel.

Définir concrètement la qualité

Une exigence vérifiable (« je prépare deux variantes par exercice », « je peux expliquer pourquoi j’ai choisi cet exercice ») aide à avancer. Une exigence impossible à vérifier (« personne ne doit douter de moi », « je ne dois jamais hésiter ») ne donne aucun critère de préparation.

CatégorieCe que ça recouvreExemple pour une première séance
Indispensable avant l’essaiCe qui conditionne la maîtrise et le bon déroulementObjectif annoncé, exercices maîtrisés avec leurs options, consignes d’entrée et de sortie, règles de sécurité
Utile si le temps le permetCe qui améliore l’expérience sans changer la décision de commencerUn support imprimé, une musique adaptée
À ajuster aprèsCe qui dépend des retours du premier groupeLe rythme, le nombre d’exercices, la mise en page du support
Cas proposé : un support jamais terminé

Une formatrice modifie sans cesse les couleurs de son document, mais n’a pas testé ses consignes. Elle réserve un temps limité à la mise en page, puis consacre le créneau suivant à une répétition. Elle ne néglige pas son support : elle remet l’effort sur ce qui est encore incertain.

Question avant chaque nouvelle modification

Quel problème concret cette modification résout-elle, et pour qui ? Comment saurai-je qu’elle a amélioré la séance ? Suis-je en train d’améliorer la séance, ou de retarder le moment où elle sera vue ?

3. La peur de l’échec et de se lancer

Préciser ce que l’on risque avant de chercher à dépasser sa peur

Ce que dit la recherche

L’analyse qualitative de Cacciotti et collègues (2016) décrit la peur de l’échec, dans la création d’activité, comme une expérience qui associe pensées, émotions et actions dans un contexte social. Elle peut à la fois freiner et motiver l’action : ce n’est ni un trait fixe, ni un obstacle toujours négatif [S3].

La limite

Cette recherche aide à comprendre la peur ; elle ne mesure pas l’effet d’une méthode pour la supprimer et ne permet pas de promettre qu’un exercice de confiance fera réussir un projet.

Décomposer la peur

Complétez « J’ai peur que… » avec un événement précis : perdre de l’argent, mal accompagner un élève, manquer de participants, recevoir une critique, ne pas tenir le rythme. Une phrase précise permet de trouver une réponse adaptée :

Si la peur porte sur…Réponse possible
Une compétence manquanteApprendre, s’entraîner, demander une observation de séance
Un risque financierLimiter les dépenses du premier essai
Une incertitude sur le publicRecueillir les besoins avant de construire toute l’offre
Une charge de travail excessiveRéduire le format ou revoir la date

Concevoir un essai utile

  1. Choisir la question principale : le public comprend-il l’offre ? Le format convient-il ? La préparation est-elle tenable ?
  2. Fixer les limites du test : public, nombre de participants, durée, temps de préparation, budget. Choisir une proposition que l’on maîtrise.
  3. Observer des faits : durée réelle, reformulations demandées, variantes utilisées, retours. Séparer l’intérêt exprimé, les inscriptions et la participation effective.
  4. Décider : garder ce qui fonctionne, ajuster un élément et retester, ou différer si une condition essentielle manque. Différer après un bilan est une décision, pas forcément un évitement.
Ce qu’un premier résultat ne dit pas

Une faible fréquentation peut venir de la date, du canal de communication, du public ou du prix : elle ne prouve pas une incapacité à enseigner. À l’inverse, un atelier complet ne prouve pas la qualité de toutes les consignes.

4. La peur de faire mal : savoir décider

Compétences, adaptations et responsabilité

« J’ai peur de faire mal » peut recouvrir plusieurs situations : ne pas maîtriser un exercice, ne pas savoir l’adapter à un élève, hésiter devant une sensation rapportée, ou craindre tout incident malgré une préparation sérieuse. Ces situations n’appellent pas la même réponse.

QuestionSi oui…
Est-ce un manque de compétence identifiable ?Apprendre, s’entraîner, demander une observation avant d’utiliser l’exercice.
Est-ce une incertitude sur cet élève ou cet exercice ?Adapter : option simple, autre appui, amplitude réduite ; demander un avis si besoin.
Est-ce une anticipation malgré une préparation vérifiée ?Choisir un essai limité et observer ce qui se passe réellement.

Vérifier sa maîtrise avant de chercher à se rassurer

Pour l’exercice choisi, pouvez-vous expliquer son objectif, ses appuis, l’entrée, le maintien et la sortie ? Savez-vous proposer une option simple ? Avez-vous identifié ce qui dépasse votre rôle ? S’il manque une réponse importante, prévoyez un apprentissage ou une observation accompagnée avant de l’enseigner. C’est exactement la méthode en 10 points pour décrire une posture complète (Module 7).

Responsabilité ne veut pas dire garantie absolue

Être responsable, c’est préparer, observer, adapter et reconnaître ses limites. Ce n’est pas prédire toutes les réactions ni garantir un résultat identique pour tous. La peur ne doit conduire ni à surpromettre pour rassurer, ni à poursuivre un exercice que l’on ne sait pas encadrer.

Cas proposé : une élève hésite dans une torsion

L’enseignante demande ce qui gêne, propose une amplitude plus petite ou un autre appui, et observe la réponse. Elle n’annonce pas qu’un disque est « bloqué » à partir d’un ressenti. Si la situation dépasse son champ de compétence, elle suspend l’exercice et oriente. Formulation possible : « Je vais te proposer une version plus accessible. Nous allons voir si elle te convient. Si cette situation dépasse ce que je peux accompagner, je te le dirai. »

5. La crédibilité se construit dans les actes

Capacité, considération et intégrité

La confiance en soi est le sentiment de pouvoir agir. La compétence est ce que l’on sait réaliser dans une situation. La crédibilité est la confiance que les autres accordent à notre parole et à notre travail. On peut douter tout en étant compétent, et se sentir très sûr de soi ne prouve aucune compétence.

Ce que dit la recherche

Le modèle de la confiance de Mayer, Davis et Schoorman (1995) distingue trois facteurs perçus chez la personne à qui l’on fait confiance : sa capacité dans le domaine concerné, sa considération pour l’autre (l’intention d’agir dans son intérêt) et son intégrité (l’adhésion à des principes jugés acceptables). Il tient aussi compte du contexte et du risque pris [S4].

La limite

C’est un modèle théorique, pas une expérience montrant qu’une liste de comportements rend automatiquement un enseignant crédible. Son adaptation à l’enseignement de la souplesse est proposée ici comme grille de réflexion.

FacteurEn cours de souplesse, cela peut se traduire par…
CapacitéPrésenter ses compétences sans les exagérer ; expliquer les objectifs ; choisir des exercices maîtrisés ; adapter au niveau. Être compétent dans un domaine ne rend pas compétent dans tous les autres.
Considération pour l’élèveÉcouter les difficultés ; proposer une option plus accessible ; accueillir le refus d’un exercice sans mettre l’élève en difficulté. Une attitude chaleureuse ne remplace pas la maîtrise technique.
IntégritéAnnoncer les limites de l’offre ; tenir ses engagements ; citer fidèlement les études ; corriger une erreur ; ne pas promettre un résultat thérapeutique.

Dire clairement ce que l’on propose

« Atelier pour explorer des inclinaisons et des rotations contrôlées, avec des options pour chaque niveau » décrit un contenu. « Libérer tous les blocages » ou « ma méthode répare le dos » promettent plus qu’ils ne décrivent.

Modèle pour présenter son offre

Mon cours s’adresse à… (public) · On y travaille… (objectif) · Il se déroule ainsi… (durée, format, nombre d’élèves) · Les adaptations possibles… · Ce que je ne propose pas… (par exemple : la prise en charge d’une douleur ou d’une pathologie).

Séparer trois types de propos

TypeExemple
Une observation« Ton bassin tourne lorsque tu lèves le bras. »
Une hypothèse« Cet appui pourrait faciliter le mouvement ; essayons. »
Un résultat de recherche« Cette étude a observé cet effet chez ce type de participants. »

Ne présentez jamais une hypothèse comme un diagnostic, ni une étude comme une promesse individuelle. Expliquez vos choix simplement (« je réduis le levier pour faciliter le contrôle ») : accumuler des noms anatomiques ne remplace pas une explication claire.

Reconnaître ses limites et ses erreurs

Dites ce qui est connu, ce qui reste à vérifier et comment vous allez le vérifier : « Je peux t’expliquer le mouvement global ; je vérifie ce point anatomique et je te réponds la semaine prochaine ». Si vous l’avez promis, faites-le. Face à une erreur : décrivez le point à corriger, donnez l’information juste et expliquez la conséquence pratique, sans vous dévaloriser ni masquer l’erreur.

6. Passer à l’action : prévoir le moment

Transformer une intention en plan « si… alors… »

Ce que dit la recherche

La méta-analyse de Gollwitzer et Sheeran (2006) porte sur les intentions de mise en œuvre : des plans qui précisent à l’avance la situation déclenchante et l’action à réaliser, sous la forme « si la situation X survient, alors je fais Y ». Les travaux regroupés soutiennent leur utilité pour atteindre ses objectifs [S5].

La limite

Un plan ne remplace ni la compétence, ni les moyens, ni un objectif réaliste. Les résultats obtenus dans des tâches variées ne garantissent pas le lancement réussi d’un cours ou d’une activité.

Intention généralePlan « si… alors… »
« Je veux préparer mon atelier. »« Si mon créneau de préparation commence mardi à 14 h, alors je rédige l’objectif et les deux premières consignes. »
« Je veux être plus crédible. »« Si une question dépasse ma compétence, alors je précise ma limite et je note ce que je dois vérifier. »
« Je veux arrêter de repousser. »« Si je repousse encore pour modifier des détails, alors je reviens aux critères “indispensable avant l’essai”. »
« Je veux tenir mon planning. »« Si je ne peux pas terminer le support, alors je garde la structure essentielle et je reprogramme le reste. »

Choisir une action qui dépend de soi

« Obtenir dix inscriptions » ou « recevoir uniquement des avis positifs » sont des résultats qui dépendent des autres. « Envoyer une présentation claire aux personnes qui ont demandé des informations » ou « demander à deux personnes un retour sur la clarté de l’objectif » sont des actions que l’on peut organiser.

Après l’action, faites un bilan proportionné : ce qui a été réalisé, ce qui a empêché la suite, l’ajustement nécessaire. Évitez de conclure « je manque de volonté » avant d’avoir regardé la disponibilité, la difficulté et les conditions réelles.

7. Accompagner les doutes d’un stagiaire ou d’un élève

Poser de bonnes questions et donner des retours utiles

Ce que dit la recherche

La revue exploratoire de Para et collègues (2024) a retenu 31 études sur des interventions liées au phénomène de l’imposteur en milieu professionnel, organisées autour de la formation et de l’accompagnement. Informer sur le phénomène et offrir un soutien en groupe apparaissent comme des pistes ; les auteurs invitent aussi à agir sur l’environnement (attentes claires, retours précis) [S6].

La limite

Les protocoles et les résultats étaient très hétérogènes : cette revue ne montre pas qu’un atelier ou un coaching donné fonctionne pour tous. Le quiz et les exercices de cette fiche ne font pas partie des interventions évaluées.

Commencer par la situation

« Quand cette peur apparaît-elle ? », « Qu’as-tu déjà essayé ? », « Qu’est-ce qui te manque pour décider ? ». Évitez les étiquettes comme « c’est ton syndrome de l’imposteur » ou « tu t’auto-sabotes », qui peuvent masquer un besoin concret : une consigne floue, un manque de soutien ou une compétence à acquérir.

Un retour qui porte sur le travail

Décrivez un fait, son effet et une piste : « Tu as donné trois consignes à la fois ; deux personnes ont demandé de répéter. Peux-tu les donner une par une ? » plutôt que « tu n’as pas confiance en toi ». Chacun reste libre de ce qu’il partage : les réponses aux exercices ne servent jamais à juger une personnalité ou une aptitude.

Atelier proposé : 20 minutes

5 minutes : choisir une situation et distinguer faits, pensées et besoins. · 10 minutes : échange en binôme sur ce que chacun souhaite partager ; le partenaire pose des questions et reformule, sans convaincre ni diagnostiquer. · 5 minutes : écrire une action et une date.

Quiz : choisir une réponse professionnelle

Mises en situation · une réponse par question

10 situations

Choisissez une réponse par question puis cliquez sur « Valider ». Vos réponses ne sont pas enregistrées.

1. Tu as peur de faire mal en proposant un nouvel exercice.

La peur peut signaler une préparation nécessaire ; la réponse dépend de la compétence réelle et des conditions de l’exercice.

2. Tu penses : « Je dois tout savoir avant d’enseigner. »

Définir les prérequis permet de commencer dans son champ de compétence tout en continuant à apprendre.

3. Quelle formulation présente une offre avec précision ?

L’objectif est explicite et les adaptations annoncées ; les autres formulations promettent des effets non établis.

4. Un participant pose une question qui dépasse tes connaissances.

Reconnaître une limite évite d’inventer ; vérifier ou orienter est une action concrète, pas un aveu d’incompétence.

5. Ton premier atelier attire peu de personnes.

Un résultat commercial isolé ne suffit pas à juger des compétences d’enseignement ; le bilan aide à ajuster.

6. Tu n’as pas assez de temps pour préparer le projet prévu.

Une contrainte réelle demande une organisation adaptée, pas une réponse sur l’état d’esprit.

7. Tu modifies ton support pour la dixième fois sans avoir testé tes consignes.

L’effort revient sur ce qui est encore incertain : les consignes, plutôt que la mise en page.

8. Après une séance réussie, tu penses : « C’était un groupe facile, ça ne compte pas. »

Un bilan équilibré reconnaît à la fois sa contribution et les facteurs extérieurs.

9. Quel plan d’action est le mieux formulé ?

Le plan associe un repère précis à une action qui dépend de soi.

10. Un stagiaire hésite pendant sa mise en situation. Quel retour lui donnes-tu ?

Le retour porte sur un comportement modifiable, pas sur la personne.

Ce quiz vérifie la compréhension de la fiche. Il ne mesure ni la personnalité, ni la légitimité, ni l’aptitude professionnelle.

Échange en groupe (25 minutes)

10 minutes de réponses individuelles, puis 15 minutes d’échange : quelle réponse te paraît la plus difficile à appliquer ? Quel exemple as-tu vécu ? De quelle ressource aurais-tu besoin pour réagir autrement ?

Mon premier pas : fiche à compléter

À savoir

Vos réponses restent sur votre écran et ne sont pas enregistrées. Pour garder une trace, imprimez la page ou téléchargez la fiche en PDF.

Transformer une inquiétude précise en préparation, puis en action

Mon objectif concret :
La pensée ou la peur qui me retient :
Est-ce une croyance, un frein concret ou une peur à préparer ?
Les faits qui soutiennent ou nuancent cette pensée :
Ce que je maîtrise déjà et ce qu’il me reste à préparer :
Une formulation plus juste de la situation :
Mon plan « si… alors… » :
Mon premier pas, sa date et le soutien dont j’ai besoin :

Après l’essai

Ce qui a fonctionnéCe qui reste incertainCe que je garde, j’ajuste ou je diffère
Les idées clés de la fiche

Une croyance n’est pas un fait, un frein demande une solution pratique, une peur peut signaler quelque chose à préparer. La crédibilité se construit dans les actes : compétence, clarté, cohérence, limites reconnues, pas de surpromesse. On avance par des essais limités, des plans « si… alors… » et des bilans honnêtes. Le but n’est pas de faire disparaître toute peur, mais de prendre une décision mieux informée.

Sources

Recherche documentaire ciblée, septembre 2026 · sélection non exhaustive

  1. [S1] Bravata DM et al. (2020). Prevalence, predictors, and treatment of impostor syndrome: a systematic review. J Gen Intern Med, 35:1252-1275. DOI 10.1007/s11606-019-05364-1.
  2. [S2] Hill AP, Curran T (2016). Multidimensional perfectionism and burnout: a meta-analysis. Pers Soc Psychol Rev, 20:269-288. DOI 10.1177/1088868315596286.
  3. [S3] Cacciotti G, Hayton JC, Mitchell JR, Giazitzoglu A (2016). A reconceptualization of fear of failure in entrepreneurship. J Bus Ventur, 31:302-325. DOI 10.1016/j.jbusvent.2016.02.002.
  4. [S4] Mayer RC, Davis JH, Schoorman FD (1995). An integrative model of organizational trust. Acad Manage Rev, 20:709-734. DOI 10.5465/amr.1995.9508080335.
  5. [S5] Gollwitzer PM, Sheeran P (2006). Implementation intentions and goal achievement: a meta-analysis of effects and processes. Adv Exp Soc Psychol, 38:69-119. DOI 10.1016/S0065-2601(06)38002-1.
  6. [S6] Para E, Dubreuil P, Miquelon P, Martin-Krumm C (2024). Interventions addressing the impostor phenomenon: a scoping review. Front Psychol, 15:1360540. DOI 10.3389/fpsyg.2024.1360540.

Ces références apportent des définitions, des résultats regroupés et leurs limites. Les exemples, exercices et applications de cette fiche sont des créations pédagogiques Bendy Thérapie : ils ne constituent ni une méthode psychologique validée, ni un protocole médical.

Glossaire du module 6

22 termes essentiels, classés par thème

Posture et relation

Posture de l’enseignant
Attitude professionnelle qui place la sécurité, la clarté, l’observation et l’encouragement avant la performance.
Limites de compétence
Cadre de l’enseignant de souplesse : il adapte et oriente, mais ne pose pas de diagnostic et ne soigne pas.
Consentement
Accord explicite de l’élève avant tout contact physique ; un refus est respecté sans discussion.
Ajustement manuel
Contact de l’enseignant sur l’élève, avec son accord, pour indiquer une direction au mouvement. Il ne force jamais l’amplitude.
Questionnaire d’inscription
Court document écrit qui recueille activités, douleurs, blessures et objectifs de l’élève avant le premier cours.
Hypermobilité
Grande amplitude articulaire obtenue facilement, souvent avec peu de contrôle ; on y privilégie le travail actif et la stabilité.

Apprendre et guider

Apprentissage moteur
Processus par lequel un geste passe de la découverte à l’automatisation : découvrir, stabiliser, automatiser.
Consigne positive
Consigne qui dit quoi faire plutôt que quoi éviter (« allongez le bas du dos » plutôt que « ne cambrez pas »).
Démonstration
Présentation de l’exercice par l’enseignant, en entier, de face ou de profil, en commençant par l’option simple.
Feedback
Retour donné à l’élève : la sécurité d’abord, une correction à la fois, formulée positivement, en terminant par ce qui va bien.

Construire une séance

Échauffement
Phase de début de séance (10 à 15 min) : mobilisation articulaire, respiration et activation musculaire de la zone.
Retour au calme
Phase de fin de séance (5 à 10 min) : postures douces, respiration lente et relâchement global.
Fiche de séance
Document préparé avant chaque cours : cycle et semaine, objectif, consignes de sécurité, exercices et options, bilan.
Option simple
Variante accessible à tous, avec matériel si besoin ; option par défaut, toujours montrée en premier.
Différenciation
Adaptation d’un même cours à des niveaux différents grâce à plusieurs options par exercice.
Compensation
Mouvement parasite (dos qui s’arrondit, bassin qui tourne, genou qui plie) qui signale que l’élève a atteint sa limite.

Programmer

Cycle
Période de 4 semaines consacrée à une zone ou à un objectif, qui constitue la brique de base de la programmation.
Programmation par objectif
Programmation « à rebours » : on part de l’objectif de l’élève et on prépare les zones nécessaires dans l’ordre.
Assemblage
Cycle qui réunit dans une posture le travail de plusieurs zones préparées auparavant (ex. : split latéral = ischio-jambiers + psoas-quadriceps).

Sécurité et progression

Signal d’alerte
Signe qui impose d’arrêter ou de revenir à l’option simple : douleur vive, douleur lombaire, fourmillements, respiration bloquée, malaise.
Gestion de groupe
Organisation de l’espace, du matériel, de la voix et du placement de l’enseignant pour observer et corriger chacun (12 élèves maximum).
Auto-évaluation
Analyse de son propre cours par l’enseignant, en quelques minutes après chaque séance, pour ajuster la suivante.

Aucun terme ne correspond à votre recherche.

Exercices

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Quiz

Quiz d'entraînement
📝

Quiz d’entraînement — Module 6

Pédagogie, transmission & création de cours · 30 questions pour vous tester, sans note officielle

Résultat

Ce quiz sert à vous entraîner : refaites-le autant de fois que vous le souhaitez. La validation officielle se fait avec le quiz final du module.

QUIZ

Quiz de simulation — Module 6

50 questions sur les 8 chapitres, pour vous mettre en conditions avant l’examen
Mode d’emploi

Répondez à toutes les questions, puis cliquez sur « Valider ». Vous verrez votre score et une explication pour chaque question. Visez au moins 80 % avant de passer l’examen du module. Comptez environ 30 à 40 minutes. Vos réponses ne sont pas enregistrées.

Questions

CHAPITRE 1
1. Quelles sont les quatre responsabilités de l’enseignant de souplesse ?

Ces quatre responsabilités passent avant toute recherche d’amplitude.

CHAPITRE 1
2. À quoi mesure-t-on un bon cours de souplesse ?

L’enseignant est d’abord le gardien de la sécurité de ses élèves, pas une vitrine de ce qu’il sait faire.

CHAPITRE 1
3. Quand peut-on utiliser le toucher pour guider un élève ?

Le consentement est explicite et un refus est respecté sans discussion.

CHAPITRE 1
4. Dans la méthode Amplitia, quel climat cherche-t-on à créer ?

On trouve l’équilibre entre écoute et défi, sans comparer les élèves entre eux.

CHAPITRE 1
5. Un élève signale une douleur qui persiste d’un cours à l’autre. Que faites-vous ?

Reconnaître les limites de sa compétence fait partie de la posture de l’enseignant : on adapte, on n’établit pas de diagnostic.

CHAPITRE 2
6. Que faire avant le premier cours d’un nouvel élève ?

Un court questionnaire écrit à l’inscription permet de garder une trace et de ne rien oublier.

CHAPITRE 2
7. Quelle est la priorité avec un élève hypermobile ?

Consignes de verrouillage léger (micro-flexion des genoux et des coudes, gainage) et travail actif.

CHAPITRE 2
8. Quelle est la priorité avec un débutant raide ?

L’option simple est une vraie option de travail ; les tests de début et de fin de cycle montrent ses progrès.

CHAPITRE 2
9. Pourquoi faire un positionnement en début et en fin de cycle ?

Comparer l’élève à lui-même motive et objective la progression.

CHAPITRE 2
10. Lequel de ces signes est typique d’un débutant raide ?

On observe aussi une amplitude limitée dès les premiers exercices et parfois de l’appréhension.

CHAPITRE 2
11. Lequel de ces signes oriente vers un profil hypermobile ?

L’élève « s’installe » dans ses articulations au lieu d’utiliser ses muscles.

CHAPITRE 2
12. Combien de grands profils d’élèves le module décrit-il ?

Chaque profil a sa priorité de travail, ses options et sa façon d’être encouragé.

CHAPITRE 3
13. Quelles sont les trois étapes de l’apprentissage d’un geste ?

C’est pour cela qu’un cycle dure 4 semaines : découvrir la première semaine, puis stabiliser et progresser.

CHAPITRE 3
14. Pourquoi faire chaque exercice deux fois ?

C’est la règle des 2 passages de la méthode Amplitia.

CHAPITRE 3
15. Pourquoi rester 8 à 10 respirations par exercice ?

Une posture tenue trop brièvement ne laisse pas au relâchement le temps de s’installer.

CHAPITRE 3
16. Pourquoi répéter les consignes de sécurité à chaque cours ?

La répétition est au cœur de la méthode Amplitia.

CHAPITRE 3
17. Comment s’apprend la souplesse ?

Le corps a besoin de temps pour accepter une nouvelle amplitude et apprendre à la contrôler.

CHAPITRE 3
18. Quel ordre respecte le principe de progressivité ?

Du simple vers le complexe, du soutenu vers l’autonome.

CHAPITRE 4
19. Laquelle de ces consignes est la mieux formulée ?

Une bonne consigne est courte, précise et positive : elle dit quoi faire, pas seulement quoi éviter.

CHAPITRE 4
20. Dans quel ordre donner les consignes ?

Toujours le même ordre, pour que les élèves s’y retrouvent.

CHAPITRE 4
21. Un élève ressent un inconfort dans le bas du dos. Que faites-vous ?

La protection du dos est le fil rouge de chaque cours.

CHAPITRE 4
22. Comment faire un retour utile à l’élève ?

Un retour clair et positif aide l’élève à progresser sans le décourager.

CHAPITRE 4
23. Laquelle de ces phrases est une image mentale utile ?

Les images mentales aident l’élève à comprendre le placement sans longue explication.

CHAPITRE 4
24. Comment démontrer un exercice ?

On choisit l’angle selon ce qu’il faut voir.

CHAPITRE 4
25. Par quelle consigne remplacer « Détendez-vous » ?

Une consigne précise et positive dit quoi faire et quand le faire.

CHAPITRE 4
26. Quelles consignes de protection du dos rappeler à chaque exercice ?

Ce rappel constant est voulu : c’est ainsi qu’il devient un réflexe.

CHAPITRE 5
27. Quel est le format Amplitia pour la partie souplesse ?

Moins d’exercices, mais mieux faits : c’est la qualité qui fait progresser.

CHAPITRE 5
28. Quelles sont les cinq phases d’une séance type ?

Pour un cours d’environ 1 heure, la phase souplesse dure environ 20 minutes.

CHAPITRE 5
29. Comment enchaîner les exercices dans une séance ?

Tous les exercices servent l’objectif du cycle ; on garde les mêmes exercices pendant tout le cycle.

CHAPITRE 5
30. À quoi sert la fiche de préparation de séance ?

On y note le cycle et la semaine, l’objectif, les consignes de sécurité, les exercices et le bilan après le cours.

CHAPITRE 5
31. Combien de temps dure la phase souplesse dans un cours d’environ 1 heure ?

Accueil 5 min, échauffement 10 à 15 min, travail actif 10 à 15 min, souplesse 20 min, retour au calme 5 à 10 min.

CHAPITRE 5
32. Pourquoi limiter la séance à 4 à 6 exercices ?

Qualité avant quantité.

CHAPITRE 5
33. Combien de temps dure l’échauffement dans la séance type ?

Mobilisation articulaire, respiration et activation musculaire de la zone.

CHAPITRE 6
34. Combien de temps dure un cycle ?

4 semaines laissent le temps de découvrir les exercices, de les maîtriser et de mesurer un vrai progrès.

CHAPITRE 6
35. Quel est l’objectif de la semaine 4 d’un cycle ?

Semaine 1 : découvrir ; 2 : stabiliser ; 3 : progresser ; 4 : consolider et mesurer.

CHAPITRE 6
36. Dans l’exemple de programme annuel, quelle est la logique des cycles ?

Par exemple, le split latéral assemble le travail des ischio-jambiers et du psoas-quadriceps.

CHAPITRE 6
37. Combien de cycles compte l’exemple de programme annuel ?

Cela correspond à une saison de cours ; ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

CHAPITRE 6
38. Dans l’exemple de programme, quelle zone travaille le cycle 1 ?

Ouverture et mobilité du haut du corps, base des postures de dos.

CHAPITRE 6
39. Le cycle « middle split et pancake » assemble le travail de quels cycles ?

Les derniers cycles s’appuient sur tout le travail préparé avant.

CHAPITRE 7
40. Quelle option proposer en premier ?

Un élève qui choisit l’option simple et respire bien travaille mieux qu’un élève qui force dans l’option avancée.

CHAPITRE 7
41. Comment proposer l’option avancée ?

On donne des défis personnels mesurables, sans créer de compétition.

CHAPITRE 7
42. Comment adapter le travail pour une élève enceinte ?

On adapte sans exclure, selon chaque profil particulier.

CHAPITRE 7
43. Lequel est un bon exemple de défi personnel mesurable ?

On compare l’élève à lui-même, avec les tests de début et de fin de cycle.

CHAPITRE 7
44. Comment adapter le travail pour un élève en reprise après une blessure ?

On adapte sans exclure.

CHAPITRE 8
45. Lequel de ces signaux impose d’arrêter ou de revenir à l’option simple ?

La sensation d’étirement diffuse est acceptable ; la douleur est un signal d’arrêt.

CHAPITRE 8
46. En cas d’incident, quelle est la première étape ?

Ensuite : installer et rassurer, évaluer, appeler le 15 ou le 112 si nécessaire, noter et orienter vers un professionnel de santé.

CHAPITRE 8
47. Quel nombre maximal d’élèves permet d’observer et de corriger chacun ?

Au-delà, il devient difficile de voir et de corriger tout le monde.

CHAPITRE 8
48. Quand faire son auto-évaluation d’enseignant ?

Consignes claires ? Sécurité répétée ? Format respecté ? Option simple en premier ? Un retour pour chaque élève ?

CHAPITRE 8
49. Quel message transmettre aux élèves sur les sensations ?

C’est la base de l’écoute du corps pendant tout le cours.

CHAPITRE 8
50. Quels numéros appeler si un incident le nécessite ?

Ensuite, on note l’incident par écrit et on oriente l’élève vers un professionnel de santé.
🎓 Examen final · Module 6

Validation des acquis

Pédagogie, transmission & création de cours · 60 questions de validation des acquis

Avant de commencer

• À réaliser une fois les chapitres du module terminés.
• Prévoyez un moment calme, sans interruption.
• Une seule tentative est possible : relisez vos réponses avant d’envoyer.

Accéder à l’examen final

L’examen s’ouvre dans un nouvel onglet. Une connexion à votre compte Google vous sera demandée.

Pratique